lundi 18 décembre 2017

GLACE (Bernard MINIER)

Un peu déçue par "nuit",mon premier contact avec l'auteur, j'ai, sur les conseils d'elise3coco et marc_tise,  attaqué "Glacé" le premier ouvrage de Bernard Minier.
Un grand merci aux deux  Babélio pour leur très bon conseil. J'ai passé d'excellentes heures de lecture avec cet ouvrage.
le cadre : les Pyrénées  en décembre (grand froid, neige, verglas), un gros bourg Saint-Martin de Comminges, les ruines d'une colonie de vacances, une vieille centrale hydroélectrique, un centre psychiatrique pénitentiaire pour "assassins monstrueux".
l'histoire: elle  commence par le "meurtre" d'un cheval dont le corps sans tête est retrouvé pendu à un pylône. Son propriétaire est un grand industriel français. Ensuite  deux hommes du village seront assassinés par pendaison. L'enquête est confiée à la police judiciaire et à la gendarmerie. Avec les enquêteurs nous découvrons  comment le passé d'un certain nombre d'habitants de la vallée serait à l'origine des faits présents. 
Les protagonistes sont nombreux. Citons les principaux. Le commandant Servaz de la police judiciaire de Toulouse, divorcé et père d'une adolescente. Son équipe à Toulouse Vincent Espérandieu et Samira Cheung. A Saint Martin la procureur Cathy d'Humière, la capitaine de gendarmerie Irène Ziegler, le juge instruction en activité Confian, le retraité Saint-Cyr. Au Centre le Docteur Xavier, l'infirmière chef Lisa Ferney, la  psychothérapeute Diane Berg et le principal détenu Hirtmann. Enfin Chaperon, le maire, Lombard l'industriel.
L'attention du lecteur est maintenue en permanence et  le suspens très présent. L' auteur insère de petits intermèdes dans le déroulement de l'enquête  en nous faisant pénétrer dans la vie personnelle des personnages. Par exemple on  apprend que Servaz (le policier) et Hirtmann (sorte de serial killers) ont une passion commune pour Gustave Malher. ( information déjà connue pour ceux et celles qui comme moi ont lu "Nuit" avant "Glacé".)

En conclusion très bon roman policier, nettement supérieur à "Nuit". Je ne me suis jamais ennuyée au cours de ma lecture.

mardi 12 décembre 2017

LA SOIF (Jo NESBO)

J'ai découvert le personnage de Harry Hole en 2013 à la suite d'un quiz sur  Babélio. De mémoire il fallait relier un auteur et son personnage dans la littérature policière. Mon score fut faible.  Je me suis lancée à la découverte de ces héros. Pour  Harry Hole j'ai choisi, un peu au hasard,  "Rue-sans-soucis "  premier contact réussi.  Deux autres ouvrages de Nesbo ont suivi, mais sans Hole : "le fils" et "Soleil de Minuit". Deux livres que j'ai beaucoup appréciés.

Je viens de terminer "La soif". Si je reconnais qu'il s'agit, sans aucun doute, d'un excellent thriller, j'avoue de ne pas y avoir totalement adhéré. Trop de meurtres horribles ? trop de pages sur le vampirisme (c'est vrai c'est le sujet du livre) ? trop d’hémoglobine ? trop long ?  je ne m'explique pas mon sentiment légèrement négatif.
 Le personnage d'Harry Hole est complexe et très intéressant. Il a vieilli depuis "rue sans soucis" : il ne boit plus (sauf exception), il a une vie de famille entre Rakel et Oleg. Son inquiétude pour son épouse ira jusqu'à avoir l'idée d'abandonner l'enquête. 

Alors que  j'avais ressenti une certaine lenteur dans le style  au cours de ma lecture d'environ des deux tiers du livre, j'ai trouvé que  tout  s’accélérait  dans le dernier tiers pour un dénouement inattendu.

Un lecteur peut-il me recommander  le meilleur "Harry Hole" selon lui ?

lundi 11 décembre 2017

TENSION EXTRÊME (Sylvain FORGE)


Lundi dernier un petit coup de blues, temps gris, brouillard, pas envie de prendre la voiture pour aller à la séance d'aqua biking, un seul souhait passer une journée cocooning... c'est à dire lire un bon livre blottie dans un fauteuil. Je choisis le petit dernier, placé en  haut de la PAL, "Tension extrême". Les 390 pages sont dévorées dans la journée.

L’histoire se déroule à Nantes. Deux hommes d'affaires, jumeaux, meurent à la même heure. L'autopsie fait apparaître une même origine des décès, l'explosion du pacemaker. Un virus a été introduit, volontairement, dans les prothèses déclenchant  une décharge de 600 volts.

Alors qu'une jeune diplômée de l'école des commissaires de police vient d'être nommée à la tête de la police judiciaire, les locaux de la PJ sont paralysée par une cyberattaque. Si le responsable M4STER SHARK est vite identifié sous son véritable nom il reste insaisissable . Pour travailler à l'abri d'une nouvelle attaque, les membres de la PJ s'installent  dans leurs anciens locaux et travaillent avec  les vieilles machines à écrire et les anciens téléphones.  Isabelle, la capitaine de police est en première ligne. Très bon suspens avec une sorte de compte à rebours. Les différents protagonistes sont personnalisés. Les policiers sont humanisés, des informations sur leur vie privée nous sont communiquées.

La lecture de cet ouvrage - passionnante au demeurant - est  assez  angoissante. Elle nous permet de prendre conscience que, si en  grande majorité nous avons  adopté avec empressement et plaisir les nouvelles technologies,  la maîtrise complète de tous ces objets connectés est loin d'être acquise.Une cyberattaque pourrait se  transformer en  arme mortelle.





samedi 2 décembre 2017

NOIR COMME LA MER (Mary HIGGINS CLARK)

J' ai découvert Mary Higgins Clark en 1991. J'avoue avoir eu beaucoup de  plaisir à la lecture  ses premiers ouvrages comme  "La maison du guet", "la nuit du renard", "la clinique du docteur H".  Dans ces premiers ouvrages elle a su créer l'effroi, la peur, l'angoisse.  Je me souviens particulièrement de  "la maison du guet" car  ayant craqué je suis aller lire les dernières pages avant de revenir en arrière reprendre ma lecture là où j'en étais.
De tempérament fidèle j'ai, pendant près de 18 ans, lu chaque année le "dernier" paru. J''ai fini par me lasser car c'est toujours la même histoire avec un habillage un peu différent.

Par nostalgie sans doute je me suis plongée dans   le millésime 2016 "Noir comme la mer". L’histoire n'a rien d'extraordinaire mais je me suis laissée prendre au jeu. On croise  parmi les passagers de la croisière de luxe la belle jeune femme courageuse et  le  bel homme célibataire.... il y a aussi  un collier d'émeraudes, un meurtre, une tentative de meurtre, une tempête, un propriétaire caractériel,le tout enrobé d’un peu de suspens....

En conclusion, lecture délassante sans  "prise de tête, style  simple, chapitres très courts.

Conseils pour celle ou celui qui n'a jamais lu du MHC : commencer par les trois premiers cités au début de cette petite chronique.

lundi 20 novembre 2017

UNE AUTRE VIE (S.J. WATSON)

J'avais apprécié "avant d'aller dormir",  j'ai été déçue par "une autre vie".

Je ne sais pourquoi mais je n'ai ressenti aucune empathie pour Julia, personnage central du roman. C'est sans doute la raison pour laquelle j'ai eu du mal à m’intéresser à son aventure avec Lukas, je me suis même ennuyée à la lecture de plus de la moitié de l'ouvrage.
Mon intérêt s'est réveillé lorsque j'ai atteins la quatrième partie de l'ouvrage. Enfin un peu de suspens  et le plaisir de lire retrouvé.
 Et puis patatras! arrive le dernier chapitre et l'explication finale ... quelle déception !









CHARADE (Laurent LOISON)

Pour un premier essai c'est un coup de maitre ! Un vrai roman noir.

Florent Bargamont,dit Barga,  est commissaire au 36 quai des Orfèvres, solitaire il n'apprécie pas la présence de coéquipiers.  Il a en charge les enquêtes "sombres, noires, et glauques". Le ministre de l'intérieur lui impose une coéquipière, sa nièce, Emmanuelle de Quezac, sortie major de l'institut de criminologie.
Une longue inimitié oppose l'inspecteur Daniel Cholle à Bargamont.
Le commissaire est absent le jour de  l'arrivée d' Emmanuelle. Elle est accueillie par Loïc Gerbaud, jeune inspecteur qui travaille "avec et pour lui".
Sur décision de sa hiérarchie, Florent doit être suivi par une psychiatre. Son comportement semblerait  évoluer vers la violence (déclenchement de deux bagarres dans un bar).

Le premier contacte d’Emmanuelle avec Florent a lieu sur la scène d'un double crime (un homme et une femme) réalisé avec une barbarie insensée. Un message est trouvé sur les lieux , il s'agit de la première formule d'une charade. Ces deux crimes seront suivis d'autres crimes tous plus horribles les uns que les autres. Chaque crime est accompagné d'un message complétant la charade.
Cholle et Bargamont se croisent  sur le terrain à chaque crime. Leur différent s'amplifie.
Alors que Cholle est promu commissaire pour avoir  résolu les crimes, Bargamont sombre dans la dépression.
Aidé d'Emmanuelle et Loïc, il reprendra l'examen des l'ensemble des dossiers.
Je crains que ce résumé superficiel ne restitue pas l'atmosphère de cet ouvrage. 

L'auteur ne nous épargne rien d'une part  en exposant l'ambiance lourde et parfois violente au "36" du fait notamment des rivalité et animosité entre Cholle et Bargamont, mais aussi et surtout par ses descriptions très crues des conditions dans lesquelles les crimes ont été commis et de l'état des victimes. Il faut  suivre les conseils du commissaire avant de lire certaines scènes "mangez, ne discutez pas...vous me remercierez plus tard"!
L'auteur a su créer  des personnages intéressants, presque réels,  aux personnalités très différentes. Citons particulièrement les principaux: Bargamont, caractère très complexe, brillant et fort professionnellement,  plutôt fragile côté privé, Emmanuelle sérieuse et courageuse, Loïc sympathique, Daniel jaloux et ambitieux.  

En conclusion je suis  admirative devant le talent de Laurent Loison. "Charade" est excellent thriller,  il  tient en haleine le lecteur de la première à la dernière page, et contrairement à certains auteurs sans passage inutile pour faire du remplissage.
Je n'ai plus qu'à ajouter à ma PAL son deuxième ouvrage "Cyanure" paru en septembre dernier.


dimanche 19 novembre 2017

LA PROMESSE DE L'AUBE (Romain GARY)

Romain Gary a quarante six ans lorsqu'il publie  La Promesse de l'Aube. L'objet  principal de ce livre est sa mère et  l'amour inconditionnel qu'elle lui porte.  Elle rêve pour lui un destin grandiose :
"Guynemer ! tu seras un second Guynemer",
"Tu seras un héros, tu seras Général, Gabriel d'Annunzio, Ambassadeur de France...".

 Avec pour cadre cet  amour maternel extraordinaire et démesuré, il raconte 30 ans de sa vie : Jeunesse en Pologne, adolescence à Nice, étudiant en droit à Aix-en-Provence puis à Paris, service militaire à Salon de Provence, Engagement  dans les Forces aériennes  françaises libres en 1940.

Je suis émerveillée  par cette mère en lisant qu'avant de mourir en février 1941, elle  a écrit  à son fils près de deux cent cinquante lettres, qu'une amie  expédiait  régulièrement : " jusqu'à mon retour à Nice, trois ans et six mois plus tard....ces lettres sans date, hors du temps...Pendant trois ans et demi j'ai été soutenu par un souffle et une volonté plus grands que la mienne et ce cordon ombilical communiquait à mon sang la vaillance d'un cœur trempé mieux que celui qui m'animait".

Je ressens de la tristesse en pensant à sa mère qui n'était plus là pour connaître la réalisation de  ses ambitions pour son fils : Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, Diplomate, Écrivain avec deux prix Goncourt....

 Romain Gary décrit cet amour avec humour et beaucoup de tendresse. Mais cet amour admirable a eu semble-t-il des conséquences importantes  dans sa vie  d'adulte :
 " Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine ".

Très beau livre.