jeudi 21 septembre 2017

NULLE PART SUR LA TERRE (Michael FARRIS SMITH)

Pour commencer un grand merci à Babélio et aux éditions Sonatine pour m'avoir fait découvrir ce magnifique roman.
L'histoire se déroule dans l'un des États les plus pauvres des États-Unis, le Mississippi.
Maben, une jeune femme chargée d'un grand sac plastic contenant tous ses biens, marche le long d'une route en compagnie d'Annalee, sa fille âgée de 5 ans. Elle revient dans la ville où elle a grandi mais où personne ne l'attend.
Un car dépose Russell à McComb. Il vient de sortir de prison après 11 ans d'internement. Il est attendu par deux hommes qui se jettent sur lui et le tabassent.
De  chapitre en chapitre nous découvrons le passé lourd de ces deux personnages et les raisons de leur  situation actuelle.
Après leur  rencontre un peu rugueuse (Maben le braque avec un revolver), Russell  apportera à Maben et Annale de l'aide pour se loger et se nourrir, et ce malgré ses  propres ennuis avec Larry, Walt et la police locale.

Par  empathie pour ses deux principaux protagonistes aux vies fracassées l'auteur apporte dans son récit, globalement assez noir, un peu d'espérance dans l'avenir.

J'ai été tellement émue et bouleversée  par ces deux personnages  que j'ai été jusqu'à lire  lentement  par angoisse de  découvrir que les pages suivantes allaient leur apporter encore plus de désespoir !

 "nulle part sur la terre" est vraiment un très bon livre.

lundi 18 septembre 2017

AU FOND DE L'EAU (Paula HAWKINS)

Je n'ai ni lu le livre ni vu le film "La fille du train". Je ne suis donc pas en mesure de comparer les deux ouvrages de Paula Hawkins.

En 2015, Julia dit Jules vient d'apprendre la mort par noyade de Nel, sa sœur aînée. Elle se serait suicidée. Les deux sœurs  étaient en froid depuis plusieurs années c'est la raisons pour laquelle  Julia n'a pas décroché son téléphone lors des derniers  appels de  Nel. Elle se rend à Beckford afin de s’occuper de sa nièce de 15 ans, Lena.

La petite ville de Beckford est traversée par une rivière dans laquelle se trouve un bassin appelé "le bassin aux noyées". Nel avait commencé à écrire un récit sur l'histoire des noyées. S'agissait-il  d'accident ou de  suicide ?  Libby fut la première en 1679, pour sorcellerie, Anne  Ward en 1920. Les plus récentes en 1983 Lauren, la mère de Sean,  en 2015  Katie, meilleure amie de Lena et fille de Louise.

L'enquête sur le décès de Nel est confiée à Sean, inspecteur de police. Il sera assisté par l'inspectrice Erin et le sergent Morgan.
Les histoires personnelles et le déroulement des différents évènements   nous sont racontés chapitre par chapitre par les protagonistes. Chaque chapitre, généralement assez court,  porte le nom de l'un des personnages, ce  qui rend la compréhension des premières pages un peu  compliquée, le lecteur ayant un peu de mal à savoir qui est qui. L'identification terminée, la lecture ne pose plus de problème.

Une fois les différents événements analysés et comparés,  particulièrement par Erin et Jules, le lecteur  découvrira, avec quelques surprises,   la réalité des faits. 

Petit roman agréable à lire.

samedi 9 septembre 2017

LA GLOIRE DES MAUDITS (Nicolas D'ESTIENNE D'ORVES)

L'histoire qui nous est racontée se déroule en 1955, soit dix ans après la fin de la guerre.
Gabrielle Valoria, jeune femme d'une vingtaine d'années dont le père a été fusillé à la Libération, habite avec son jeune frère  Simon autour du jardin du Palais Royal.  Après avoir déposé cinq lettres sous le paillasson de Gabrielle un certain Léon Drameille lui demande de devenir la protégée de Sidonie Porel, auteure célèbre, présidente de l'académie Goncourt. Sa mission fouiller dans la vie de Sidonie afin de  prouver au monde entier qu'elle est une imposture. Grâce à ces relations - elle est la fille d'Enrique Valoria " (celui qui) a fait tourner les cœurs du Tout-Paris durant les années folles" - Gabrielle rencontrera Sidonie. Elle deviendra sa biographe..... une  d'amitié vraie ou trompeuse  semblera  lier les deux femmes.

En enquêtant sur le passé de Sidonie, Gabrielle va être confrontée à un monde où se mêlent des menteurs, des traites, des vrais et des faux résistants, des vrais collaborateurs dont certains après avoir échappé à une condamnation à mort ont effectué quelques années de prison, des écrivains, des politiciens, des patrons, des prostituées.  Ils auront tous croisé Sidonie au cours de sa vie. Ils ont tous traversé les années d'occupation en sachant joué le double jeu de collabo et de résistant...particulièrement à la fin pour ce deuxième volet. Son enquête la conduira des salons parisiens à des îlots perdus dans Paris, semblables à ceux décrits par Eugène Sue.

Avec Gabrielle nous croisons de nombreux personnages réels et fictionnels. Les personnages réels apparaissent  soit sous leur véritable  nom (Gaston Gallimard, Chardonne, Cocteau...) soit sous des pseudonymes facilement décodables (Licht créateur de la société LuKs...), et l'un, pas le moindre, sous son nom de résistant.  Pour ce dernier notamment  je suis légèrement  déroutée pour ne pas dire perturbée par des actes plutôt condamnables qui lui sont prêtés et que j'ose espérer seulement sortis de l'imagination de l'auteur.

Lors d'une émission l'auteur comparait son ouvrage aux romans et feuilletons populaires du 19eme siècle. Comme dans ces derniers le lecteur est submergé par le nombre de protagonistes, les  récits vrais ou mensongers ? les  fidélités et les trahisons, l'amitié et la haine.... La dernière phrase de la plupart des  chapitres entraîne le lecteur à poursuivre sa lecture pour connaître la suite...

Très bon livre qui se lit avec plaisir pour l'histoire et aversion pour certains personnages.

samedi 2 septembre 2017

PAIN, EDUCATION, LIBERTE (Petros MARKARIS)

La postface du traducteur nous indique que si le livre a été écrit en 2012, l'auteur situe son histoire en 2014 : il évoque l'abandon de l'euro et le retour au drachme. Cet événement ne s'est pas produit dans la réalité. Si le drachme est souvent évoqué dans ce roman, notamment par Adriani, l'épouse du commissaire, il ne joue aucun rôle dans l'objet principal du livre soit le côté  policier.

Comme dans le précédent (et premier) ouvrage que j'ai lu de cet auteur, le commissaire enquête sur 3 assassinats , dont le mode opérationnel est identique,  de personnes liées par leur passé de rebelles contre la junte militaire "la génération de polytechnique". Le titre du livre indique en quelque sorte l'histoire de chaque victime.

Dans ce court roman (249 pages) nous suivons avec intérêt l'avancement de l'enquête, nous participons à la vie  familiale du commissaire, et nous nous informons sur les difficultés sociales et financières des Grecs. trois sujets intéressants pour le lecteur.

Une petit problème (je n'ai plus 20 ans !!) à la lecture de ce livre : il est parfois difficile de mémoriser et ensuite d' identifier les  différents protagonistes dont les noms grecs sont  difficiles à retenir.


LE GANG DES REVES (Luca Di FULVIO)

Difficile d'être originale après les très nombreuses critiques des Babélios et Babéliotes, critiques majoritairement positives.
Comment définir cet ouvrage : c’est un pavé, c’est un page-turner, c’est un très bon livre.
Vous avez à peine lu  quelques pages que vous n'arrivez pas à le poser....vous parcourez chapitre après chapitre  pour connaître la suite...et en moins d'une semaine les 945 pages ( édition Pocket) sont dévorées.
Cetta, une jeune italienne de 15 ans, mère d'un garçon à la suite d'un viole arrive aux États - Unis. Nous sommes au début de XX eme siècle. L'inspecteur de l'immigration transformera le prénom italien de Natale en Christmas, prénom porté majoritairement  par des noirs.
Un seul avenir pour une jeune femme sans famille et sans relation : prostituée.
Deux rencontres importantes, pour Cetta: Sal et pour Christmas : Ruth, jeune fille issue d'un milieu aisé.
Christmas va grandir  auprès de sa mère  dans les milieux de  la prostitution, de la drogue et  les gangs.
les débuts  de la radio permettront à Christmas de trouver sa voie.  C'est alors que le roman  se transforme un peu en conte de fée... mais le lecteur ne s'en plaint pas.  
Lecture très agréable, style très fluide. Outre les principaux protagonistes,  de nombreux personnages plus ou moins pittoresques, plus ou moins sympathiques enrichissent l'histoire pour le plus grand plaisir du lecteur.





mardi 22 août 2017

LE FILS DU PAUVRE (Mouloud FERAOUN)

Lors d'une conférence sur la littérature algérienne (dans le cadre de l'Université Inter-Age) , le conférencier nous a conseillé la lecture de  certains ouvrages parmi lesquels "le fils du pauvre".

J'ai pris un grand plaisir à lire ce petit livre (146 pages).
 Dans cet ouvrage l'auteur raconte son enfance dans un village de Kabylie dans les années 20.
 Il nous raconte la vie quotidienne dans ce petit village où les habitants sont tous plus ou moins parents. Il parle du travail des hommes et de celui des femmes, de la place des femmes, du statut privilégié des garçons dans les familles.
Il décrit sa famille, ses parents pauvres paysans "Ramdam dépeignait son embarras, sa misère", ses sœurs, ses tantes,  son oncle, ses cousines.
La pauvreté contraindra son père à partir travailler en France.
A 7 ans ses parents  l'envoie à l'école de son village. Lui qui était destiné, comme les autres garçons du village à devenir berger  entrera à l'école primaire supérieure grâce à l'obtention d'une bourse. Il termine son livre alors qu'il vient d'être admis à l'école normale supérieure d'Alger.

Je pense que l'on peut écrire que "le premier homme" d'Albert Camus (publié en 2014) et  "le fils du pauvre" (publié en 1954) ont de nombreux points communs.
Ces deux histoires  sont autobiographiques. elles  se situent en Algérie. Les familles des deux garçons sont pauvres, l'un est français l'autre est Kabyle. Leur niveau scolaire leur permet d'aller au-delà de ce que leur milieu social les prédestinait.  Pour les études la similitude s’arrête là  l'un ira au lycée puis à l'université le second deviendra instituteur à l'issue de l'école normale supérieure.
Tous les deux seront écrivains.
Ils sont nés la même année, en 1913. Albert Camus sera victime d'un accident de la route en 1960, Mouloud Feraoun sera assassiné par l'OAS en mars 1962.


LIQUIDATION A LA GRECQUE (Pétros MARKARIS)

Et un de plus ! Un  nouvel auteur de polar et son  commissaire viennent de  s'ajouter à ma longue  liste d’auteurs  étrangers de polar.
Après avoir entendu parler de Markaris sur une radio, c'est un peu au hasard que, sur la liste de ses ouvrages, j'ai choisi "liquidations à la grecque". je ne le regrette pas, j'ai passé un excellent moment de lecture. j'aime bien  les romans policiers qui nous plongent non seulement dans une enquête mais également dans la vie privée du policier (commissaire, inspecteur..).
 Le commissaire Charitos est entouré d'Adriani, son épouse, Katérina sa fille et Phanis, son gendre.
L'histoire se déroule en  2010 année où  la Grèce connait son premier plan d'austérité. En quelques jours  quatre personnes liés à la finance sont décapitées à l'épée. Dés le premier meurtre l'affaire est confiée au commissaire Charitos. Stathakos de la brigade antiterroriste essaie de récupérer le dossier.  La méthode utilisée pour  les trois autres assassinats, les tracts et des autocollants exhortant les grecs à ne plus payer les banques confirmeront qu'il ne s'agit pas de terrorisme. Après avoir suivi plusieurs pistes dont certaine surprenantes  comme celles des jeux olympiques et du dopage, Charitos résoudra l'affaire.

En restant sur le ton légèrement ironique l'auteur décrit la situation financière et sociale des grecques du fait du plan d'austérité imposé par la "troïka " (BCE, FMI , Commission Européenne) : baisse des salaires et des retraites, âge du départ en retraite reculé de plusieurs années,  augmentation des prix...

L'auteur Pétros Markaris est une belle découverte pour la passionnée de polar !