lundi 24 juin 2013

L'HIVER DES HOMMES (lionel DUROY)

Avant de lire "l'hiver des hommes", j’avais déjà lu de cet  auteur 3 œuvres "Le chagrin", "Priez pour nous" et "colères". Même si, dans ce dernier ouvrage, l'auteur  fait parfois référence à sa vie personnelle ( ses rapports avec Hélène, son fil, ses parents et sa fratrie..), elle  n'est pas le sujet du livre contrairement aux trois ouvrages cités.

Le sujet ce sont les souvenirs des serbes de Bosnie sur leur  guerre de Bosnie (06/04/1992- 14/12/1995).

Marc (Lionel Duroy), pour comprendre le suicide (ou meurtre) d'Ana en mars 1994, fille du Général Mladic " le boucher des Balkans",  revient en Serbie afin de rencontrer des protagonistes de cette guerre.
Cette guerre entre  trois populations (Serbes Croates et Bosniaques) qui vivaient depuis plusieurs décennies dans une certaine bonne entente  m'a toujours semblé très difficile à comprendre  malgré les nombreux  reportages entendus et vus. On est  perplexe à la lecture de certains entretiens que  l'auteur a eu avec les Serbes : ils font porter toutes la responsabilités des atrocités commises sur les Bosniaques (musulmans) notamment  l'attaque du marché de Markale : 
"c'est encore de la propagande ! s'écrit-il. Comment pouvez-vous croire une chose pareille ? la vérité, les enquêtes l'ont démontré et l'histoire le reconnaîtra un jour, c'est que les Musulmans ont tiré sur les leurs ce jour-là pour présenter à l'Ouest les prétendus "crimes serbes" Jamais le général Mladic n'a donné l'ordre de tirer sur les populations civiles;"

Si à la lecture des nombreux témoignages rapportés par  Marc, notamment celui de Slobodan Jasnié , cité plus haut, on est surpris par l'absence totale d'objectivité dans les récits, en revanche nous sommes submergés par l'émotion à la lecture du récit de Pavlusko sur la mort de son fils et de son épouse.

L'un des thèmes de ce roman concerne le destin des enfants des criminels de guerre. L'auteur est convaincu qu'Ana s'est suicidée  après avoir appris  la responsabilité de son père dans l'attaque du marché de Markale. Il rapproche la réponse  d'Ana de celle d'enfants de criminels de guerre nazi : ceux qui ont condamné leur père comme  Niklas Franck et Martin Borman junior, et celle qui voulait le réhabiliter comme Gudrun  Himmler.

L'écriture de Lionel Duroy est fluide. Malgré certains passages difficiles quant au sujet évoqué la lecture de ce roman est  agréable.
Grâce à ce livre, plus  quelques lectures sur wikipedia pour approfondir certains faits évoqués,  on se sent  un peu mieux informé sur cette période de l'histoire récente.

mardi 18 juin 2013

LE GARDIEN DU PHARE (Camilla LACKBERG)

Je suis d'accord avec les précédentes critiques sur  Babélio, "le gardien du phare" n'est pas le meilleur de la série.  Le meilleur reste encore pour moi "l'enfant allemand".

Quoiqu'il en soit j’attendais avec impatience le dernier Lackberg compte tenu des dernières lignes de "La Sirène" : dans quel état allions nous retrouver Erica et Anna après leur accident de voiture ainsi que  Patrick après son infarctus. Nous sommes en partie rassurés, sauf pour Anna encore très fragilisée suite au décès de son bébé.

Comme dans les précédents livres plusieurs histoires se mêlent ; certaines auront des liens entre elles alors que d'autres pas du tout ; l'auteure construit son roman de manière à nous conduire sur de nombreuses pistes dont certaines n 'auront en définitive aucun lien avec le meurtre.
Histoires des nouveaux personnages, notamment :
Annie qui s'enfuit du domicile conjugale avec son petit garçon pour se réfugier dans son île Graskar ,
Mats Séverin revenu dans sa ville natale après avoir travaillé à Goteborg, notamment pour une association d'aide aux femmes maltraitées : il sera retrouvé assassiné dans son appartement,
Gunnar et Signe, les parents de Mats,
Les assez mystérieux Vivianne et Anders,
Madeleine et ses enfants,
et bien sûr l'histoire de nos personnages préférés Erica, Patrick et leurs enfants, Anna et Dan, les membres du commissariat Mellberg, Paula, Martin et Gosta., etc.
L'enquête sur l'assassinat de Mats conduira Martin et ses collègues dans le monde des associations d'aide aux femmes battues et dans celui des dealers et, pour une fois,  Erica ne sera pas d'une très grande aide dans la résolution de l'enquête.
L'histoire de Karl et Emelie au 19eme siècle s'intègre moins bien  à l'histoire contemporaine que les histoires anciennes des livres précédents.
L'écriture de Camilla Lackberg  est toujours aussi agréable et fluide. 
C'est toujours avec un grand plaisir que l'on dévore ses livres.

Bonne lecture !

samedi 15 juin 2013

C'EST DANS LA BOITE (Frédéric ERNOTTE)

C'est sur les conseils de l'auteur, membre Babélio, que j'ai acheté "c'est dans la boîte".

C'est l'histoire d'un inspecteur de police, Jeff Marnier, solitaire et alcoolique, qui prend, quelques jours de repos, à la suite de l’assassinat de Catherine, l'une de ses collègues pour laquelle il aurait peut-être quitté son statut de solitaire.
Passionné d'internet, il découvre un site pour inspecteur et décide de s'inscrire à "la ronde des boites".
Il s'agit d'une réunion secrète où chaque inspecteur viendra avec une boîte dans laquelle il aura mis 5 indices sur une affaire élucidée ou non ; les autres membres de la réunion devront découvrir la vérité....
Afin de ne pas gâcher le plaisir  du lecteur... je n'irais pas plus loin dans le résumé de cette histoire !

Comme dans "Betty" d'Arnaldur Indridasson, surgit une page à la lecture de laquelle  le lecteur s'interroge et  pour comprendre revient en arrière pour relire quelques pages dans lesquelles il aurait peut-être sauté des lignes.

Je recommande vivement la lecture de ce livre aux amateurs de bons  "polars" :
L'histoire est original, elle nous surprend,
L'écriture est  agréable et fluide,
L'intérêt de ce roman est tel que les 252 pages se lisent pratiquement d'une traite,
Que dire de plus pour t'intéresser futur lecteur :

"Frédéric , on attend votre prochain roman avec impatience"

jeudi 13 juin 2013

LES HEURES LOINTAINES (Kate MORTON)

Après avoir écouté la critique enthousiaste de Jacqueline Petroz "livre en poche" sur France Inter un dimanche matin, j'ai décidé de m'attaquer aux  832 pages de ce roman !
Bien m'en a pris car j'ai passé des heures de lecture très agréables.

Au cours de l'année 1992, après que sa mère ait reçu une lettre postée il y a 40ans, Édith, la narratrice, se rend  dans le Kent au château de Milderhurst où sa mère fut réfugiée quelques mois après la déclaration de guerre en septembre 1939.  Elle y rencontre celles qui ont accueilli sa mère il y a 40 ans,  les jumelles Percy et Saffy et  leur demie-sœur Juniper, 3 vielles dames célibataires.

Ce livre comporte 5 parties, divisées elles-même en chapitres, dont les titres portent soit une date précise située 1941 et 1942, soit 1992.

Cette technique d’écriture nous permet de connaître non seulement le quotidien de la narratrice : son travail dans l'édition et ses relations avec ses parents mais surtout  la vie  de la famille Blythe : le Père, les mères et bien sûr les  3 sœurs.

Le père, Raymond Blythe, est un écrivain surtout connu pour son roman "l'homme de boue". la mère des jumelles est décédée dans l'incendie d'une partie du château, celle de Juniper, à la suite d'une fausse couche. R. Blythe se chargera de  l'éducation de ses filles. Il décédera âgé et fou.
 Par maladresse et égoïsme il sera le responsable des vies gâchées de ses filles notamment Saffy et Juniper. Quant à Percy elle consacrera sa vie à la protection de ses sœurs  et du château.

Bien sur ce roman  n'est pas de la très grande littérature, mais que demande -t-on la plupart du temps à un livre ?   nous divertir,  nous instruire  tout en nous divertissant, mais surtout  de pas nous ennuyer !
Excellent livre à lire l'été surtout si le mauvais temps perdure.



mercredi 29 mai 2013

QUAND LES DIEUX SE MOQUENT (Alexandra MARININA)

Je viens de terminer le 12e roman traduit en français  d'Alexandra Marinina. La lecture des livres de cette auteure est toujours un plaisir. Je ne comprends pas pourquoi elle semble avoir en  France moins de succès que les auteurs de romans policiers nordiques, auteurs que j'apprécie également beaucoup.

Dans ce dernier ouvrage nous retrouvons le couple sympathique constitué de Nastia (Anastasia) Kamenskaïa, lieutenant-colonel à la brigade criminelle ( la Petrovka), et de Liocha (Alexeï), professeur.
Outre les  collègues de Nastia, nous faisons la connaissance de plusieurs personnages, sans lien apparent entre eux : Pavel et Olga, Olga et Roman, Roubstov et sa fille Evguenia, Choura, la chanteuse du groupe de rock BBC.
La Petrovka est chargée d'enquêter sur l'assassinat de deux jeunes hommes, dont le seul point commun est d'avoir assisté à un concert du groupe BBC.
Evguenia reçoit des lettres étranges d'un inconnu.
Ayant constaté une ressemblance entre Evguenia et Choura, la police en déduit rapidement  que les lettres n’étaient pas destinées à la jeune fille  mais à la chanteuse Choura.

Alors que certains chapitres nous décrivent le travail des inspecteurs : Ils  enquêtent   notamment en  assistant et filmant les participants aux concerts et en demandant  à  Evguenia de visualiser les films afin d'identifier l'inconnu qu'elle aurait aperçu, d'autres  nous plongent dans la vie (présente et passée) des différents personnages.

Au fur et à mesure de la lecture nous découvrons les événements  qui relient  les différents protagonistes  et qui vont permettre à la police de découvrir la vérité.

 La construction de ce livre est bien faite, elle nous tient en haleine,  il est difficile de poser le livre.
Certains passages sont déconnectés de l'enquête : les aventures de"P'tits Gars" le chiot recueilli quelques jours par Nastia, la soirée chez Alexandre et  Dacha (frère et belle-sœur de Nastia) au cours de laquelle Nastia se fera faire une nouvelle tête grâce à  une nouvelle coiffure entraînant la coupe de ses longs cheveux.

Bonne lecture à celles et ceux qui se plongeront dans ce "polar russe".

mardi 28 mai 2013

L'ARMOIRE DES ROBES OUBLIEES (Rükka PULKINEN)

France-Loisirs est l'une (la moins importante)  de  mes sources d'acquisition de nouveaux livres. Mon choix est guidé en général par celui de l'un des membres du comité  d'auteurs C'est donc sur les conseils de Françoise Chandernagor (auteure que j'apprécie) que j'ai choisi "l'armoire des robes oubliées".

Il m'a fallu lire plusieurs dizaines de pages pour commencer à m’intéresser vraiment à ce livre. Je constate à la lecture de certaines critiques que je ne suis pas la seule à connaître ce problème.
Les principaux personnages  :
les grand-parents : Martti et Elsa
leur fille : Eléonore (Ella)
les petites filles : Anna et Maria
Eeva, jeune fille au pair en 1964 pour garder Ella.

Elsa, 70 ans, en phase terminale de son cancer, en jouant avec Anna, comme lorsqu'elle était petite fille, retrouve  dans une armoire une robe portée par Eeva. Anna découvre alors l’histoire  qui a marqué sa mère et ses grand-parents.
le roman se déroule  sur deux périodes, la 2eme décennie du XXIe siècle et les années 1964/1968.
Eeva a été embauchée en 1964  par le couple Martti et Elsa pour s'occuper de leur jeune enfant, Éléonore. Elsa est  amenée à s'absenter pour cause de voyages professionnels.
Un amour profond mais souvent difficile va naître entre Martii et Eeva dont la jeune Eléonore sera le témoin. Une grande affection liera Eeva à Ella. Leur séparation, du fait du renvoi par Elsa d'Eeva, laissera une trace importante dans l'esprit et la vie d'Ella.
Anna qui sort à peine d' une rupture douloureuse décide d'enquêter  sur cette jeune Eeva.

L'ambiance douce-amer de ce roman  m'a laissée un peu sur ma faim.



mardi 14 mai 2013

DES MECS BIEN OU PRESQUE (Bogdan TEODORESCU)

Cette année La Roumanie était le pays invité au salon du livre de Paris.
Aimant les romans policiers étrangers,  je me suis rendue au stand de la Roumanie pour acheter un policier. Ne trouvant aucun livre qui ressemblait à un "polar" j'ai interrogé  l'un des responsables qui m'a remis alors ce livre entre les mains (il m'a semblé que c'était le seul exemplaire).
La 4eme de couverture précise " ...dénonce la corruption dans son pays au travers d'un thriller politique..." Or, si le côté policier n'est pas vraiment le sujet du livre : la victime est tuée accidentellement et l'on connaît dés le début le responsable, en revanche la corruption et la politique sont les vrais sujets de ce livre. Toutefois, bien que tuée accidentellement, les responsables décident de faire croire à un assassinat sordide et dépose le corps nu de la journaliste dans un bois : "Tous les médias sans exception ont largement développé l'information selon laquelle Ioana Arséné, si elle n'a pas subi de violence à caractère sexuel, a été retrouvé entièrement nue et dans une position indécente, dégradante. C'est la dessus que se fonde la théorie de l'assassinat : il y aurait là une forme de vengeance à l'encontre de la journaliste."

J'ai eu quelques difficultés à entrer dans ce roman : sans doute déstabilisée par la forme et le style, certains chapitres ont des titres, puis des sous-titres les  paragraphes classés a, b,c,...., plus que par le fond. Puis j'ai  trouvé un rythme de lecture et j'ai apprécié ce livre.
Même si la mort de la victime et les conditions dans lesquelles l' accident s'est déroulé représentent le fil de l'histoire, ce roman nous plonge dans la Roumanie après la chute et la mort de  Ceausescu avec des protagonistes qui ont pratiquement tous connu la période Ceausescu.

les "vécus" des  personnages nous donnent  une description,  peu optimiste même si elle est sans aucun doute moins pire que la période précédente,  de l'après Ceausescu : Ioan Arséné, la journaliste victime de l'accident, le père Vio, son protecteur (?), Mannix et Bucur, les inspecteurs de police, Anton Vasiké  le commissaire, Doru Vrana, l'homme d'affaire, Luu Safta, politicien car comédien raté, le général Azoitzië, militaire et politique, membre d'une famille "unie", Diaconescu politicien et ministre "véreux", Alin Mazilu, journaliste,Victor Craestanu journaliste de télévision, Sandu, dit Petitchou, garde du corps responsable de l'accident. Tous ces personnages, à des degrés divers, sont concernés par la mort de la journaliste .
En conclusion, ce livre  très touffu , difficile à résumer, est cependant très intéressant car il nous donne une vision sans doute partielle de la Roumanie actuelle.