samedi 27 avril 2019

L'ESPION DES TUILERIES (Jean-Christophe PORTES)

Quatrième tome des aventures du gendarme Victor Dauterive.
L'histoire se déroule d'avril à juillet 1792. La France a déclaré la guerre à l'Autriche. Louis XVI est encore le  roi de France, sans beaucoup de pouvoir. Il est installé aux Tuileries.
La mission confiée par Lafayette se termine mal. Les  500 000 livres que  Victor convoyait  ont été volés. Pour la deuxième mission il doit se rendre à Paris pour rencontrer le roi et lui transmettre un message de Lafayette.Il effectuera sa mission malgré les nombreuses difficultés, poursuites.... c'est un roman d'aventure !

Comme dans les ouvrages précédents  l'auteur fait évoluer son personnage au milieu de personnes et  événements ayant réellement existé mêlant ainsi la fiction à  l'Histoire, avec un grand H. L’émeute du 20 juin 1792 (le peuple envahie les tuileries) nous est raconté dans le détail.
Olympe de Gouges  traverse l'histoire  (la vraie et la fiction) avec grâce.

J'ai toujours le même problème avec la personnalité de Victor. Je n'arrive pas à saisir le personnage exact que veut créer J.C. Portes. C'est  encore un gamin -  il n'a que 19 ans - mais  son comportement est parfois contradictoire et  ses relations avec Joseph, son petit valet,  souvent maladroites.

conclusion : livre intéressant qui nous fait réviser une partie de notre histoire tout en nous distrayant. 

samedi 13 avril 2019

SUR UN MAUVAIS ADIEU (Michael CONNELLY)


A la fin de "Jusqu'à l'impensable"  je me posais  deux questions Harry va-t-il :
- continuer à enquêter pour son demi-frère "s'y habituer allait lui de mander quelque effort".
- tomber amoureux "vous faites de la moto ? .....on en fera tous les deux."

A la lecture de cet ouvrage il semble qu'ils n'ont pas fait de moto tous les deux :'(

En effet Harry vit seul, enfin sans compagne. Heureusement sa fille,  étudiante en psychologie, ne réside pas trop loin. Il peut la retrouver pour déjeuner ou dîner de temps en temps.

Bosch est contacté par un riche industriel, célibataire et âgé. Ce vieux monsieur se souvient que dans sa jeunesse il avait été amoureux d'une jeune fille qu'il avait mise enceinte. Celle-ci n'étant pas de  son milieu, son père avait mis fin à cette aventure. Avant de mourir il voulait savoir si l’enfant était né, ce qu'il était devenu, et le cas échéant en faire son héritier. Même si cette demande était entourée du plus grand secret, les membres de son  conseil d'administration semblaient au courant et cela ne faisait pas du tout leur affaire.

Bosch, le retraité, ne travaille plus pour le LAPD. Il travaille pour la petite ville de San Fernando, à titre bénévole. Son travail consiste à reprendre les affaires d'agression sexuelles, de coup et blessures graves  et de fusillades ne tombant pas sous le coup des délais de prescription. Une affaire l'occupe principalement celle du "Screen Cutter".

Bosch peut exercer,  à côté de ce travail, une activité personnelle rémunérée sous la condition de ne pas utiliser ni son badge ni son statut de policier pour résoudre ses affaires privées.

 Et voilà    notre policier retraité en charge de deux affaires importantes. Dans celle de recherche d'héritier il se fera assister par son demi-frère Haller. Quant à l'affaire du  screen cutter un événement inattendu, la disparition  de l'inspectrice Bella Lourdes,  accéléra sa résolution.

Je ne vais pas résumer plus ces deux affaires  afin de ne  pas gâcher le plaisir des lecteurs !

Dans la série des Harry Bosch "sur un mauvais adieu " se situe parmi les très bons. Les deux enquêtes sont intéressantes, bien construites, le suspens garantie. 
Connelly réussi à actualiser la personnalité de Bosch, l'adaptant au vieillissement  et à la situation de retraité actif. Dans un petit passage, vers la fin du roman, il laisse entendre que son héros serait est un peu dépassé par les nouvelles méthodes de filature.







vendredi 5 avril 2019

LA PUNITON QU'ELLE MERITE (Elisabeth GEORGE)

"La punition qu'elle mérite" est le vingtième épisode des aventures de Thomas Lynley et Barbara Havers, respectivement inspecteur et sergent à Scotland Yard. 

Lectrice de cette série depuis le début, je me suis littéralement jetée sur ce dernier opus, dévorant les 667 pages en moins de cinq jours.

L'histoire a pour cadre la petite ville de Ludlow dans le Shropshire. Ian Druit, diacre de la paroisse, apprécié de tous, a été arrêté pour pédophilie par l'îlotier Gaz Ruddock. Placé en garde à vue, sans surveillance il se serait suicidé.  Connaissant très bien son fils le père du jeune homme ne croit  ni à la pédophilie, ni au suicide. Commerçant important de sa région, il demande à son député qu'une nouvelle enquête soit faite. 

Dans un premier temps l'affaire est confiée à la commissaire Isabelle Ardery et au sergent Barbara Havers. Isabelle Ardery séparée de ses enfants et de son mari pour cause d'alcoolisme - la vodka est son calmant - ne tient pas à s'attarder à Ludlow et souhaite confirmer rapidement les conclusions de la première enquête. Barbara qui a relevé  des anomalies et des manques informe Lynley sur ses doutes.
Barbara et Thomas Lynley seront renvoyés à Ludlow pour reprendre l'enquête. Comme d'habitude leur duo fonctionnera parfaitement.
 Compte tenu de son travail la menace d'être transférée dans un commissariat du nord de l'Angleterre pour Barbara sera levée. (voir "Juste une mauvaise action")

Pour enrichir son histoire Élisabeth George nous promène dans Ludlow et ses environs, crée toute une kyrielle de   personnages, plus ou moins impliqués dans le drame : Gaz, l'îlotier, des jeunes étudiants, leurs familles, le pasteur de la paroisse, la logeuse de Ian, la médecin légiste,Trevor et Clover Freeman, parents de Finn, l'un des étudiants, Missa, ses parents et sa grand-mère. Elle nous raconte leurs histoires individuelles sans lien souvent avec la mort de Ian. Elle complète également la biographie de ses deux principaux personnages, Thomas et sa liaison avec Daidre, Barbara et ses cours de claquettes où l'a entraînée Dorothéa, secrétaire du préfet  Hillier. 

Je suis sûre  que, comme moi,  les  inconditionnelles d’Élisabeth George  auront apprécier le clin d' œil des  dernières pages où elle cite  parmi les spectateurs au gala des claquettes ses personnages récurrents comme Simon, Deborah, Winston, Charlie et même Salvatore.

Pour conclure je pense qu'il n'est pas nécessaire de préciser  que j'apprécie énormément cette auteure et ses ouvrage, (sauf ceux classés young adulte). J'en conseille très vivement la lecture.

lundi 1 avril 2019

L'ENLEVEMENT DU MARDI GRAS (Raphaël CONFIANT)

Drôle de roman que cet ouvrage ! La quatrième de couverture nous laisse penser que l'on va lire un polar assez  traditionnel : une université dans une île imaginaire, l’île de Nadiland,  un enlèvement, une enquête confiée à un commissaire.

Le personnage principal, plutôt antipathique, s'appelle Julien Valmont. Il est directeur de l’institut de stratégie économique régional et  du laboratoire de recherche Filmaneg. Il est gratifié d'un certain nombre de surnoms peu valorisants  comme "gros dégueulasse", "DSKhanard". Il use d'un vocabulaire peu châtié.  Citons à titre d'exemple " un ramassis de conard et de connasses", "c'est ça les bonnes femmes Des fouteuses de merde de naissance !"

Valmont aurait détourné, au profit de son entourage, de ses collègues et des professeur d'économie du monde entier, 12 millions d’euros provenant  principalement de subventions européennes. Lorsqu'il découvre que l’administration s'intéresse aux 12 millions d'euros, il fulmine: "le bureau des vérifications comptables... Non, mais qu'est-ce qu'il leur prend à ces conards de me réclamer des justificatifs, des factures, des ceci, des cela ?  Depuis quand on cherche la petite bête à Julien Valmont  ?

Le second personnage est la présidente de l'université Alma Mater. Surnommée par ses détracteurs  "la reine d'Abyssinie" elle a été élue à ce poste contrairement aux souhaits et surtout aux manœuvres  de  Valmont. Son seul tord vouloir se battre contre la corruption.

Ces deux personnages sont entourés de complices pour Valmont et d'amis pour la Présidente. Le conflit sera violent.

Cette lecture m'a permis  de découvrir R. Confiant, auteur martiniquais très prolifique. J'ai  apprécie son style vivant, décomplexé, parfois un peu déroutant. Au niveau de la chronologie des événements il m'est arrivé d'être un peu perdue.

Assez  vite j'ai pris conscience que ce récit n'était pas une simple  fiction.  Des recherches sur internet m'ont permis de découvrir la réalité des faits et de compléter mon information .



samedi 23 mars 2019

OFFSHORE (Petros MARKARIS)

Offshore est le cinquième roman que je lis de Pétros Markaris, le quatrième  dans lequel le commissaire se voit confier en même temps 3 enquêtes pour morts violentes (le cinquième roman lu compte quatre morts) : on  ne lésine pas en Grèce sur le nombre de morts !

Revenons à Offshore. C'est avec plaisir que je retrouve la famille du commissaire, Adriani l'épouse, excellente cuisinière, Katérina, la fille avocate, Phanis le gendre ainsi que les amis Mania, Uli, Zissis...

La Grèce est sortie de la crise, un nouveau gouvernement ni-droite, ni-gauche, est au pouvoir, l'argent rentre, les salaires augmentent, les grecques retrouvent leur voiture et les embouteillages. En dehors d'Adriani tout le monde semble se réjouir de la situation.

Le premier mort est directeur de l’office du tourisme, le second est armateur et le troisième journaliste en retraite. 
Comme à son habitude le commissaire Charitos enquête consciencieusement, il cherche non seulement qui a tué les victimes mais surtout le pourquoi ils ont été tués ... démarche qui ne plaît pas à sa hiérarchie, il sera suspendu. 

Roman policier un peu décevant par rapport aux livres précédemment lus de l'auteur. J'ai trouvé le démarrage du récit  un peu lent, puis le suspens arrive et l'intérêt du lecteur se réveille. La deuxième moitié de l'ouvrage se dévore.

vendredi 22 mars 2019

LE DERNIER JOUR D'UN CONDAMNE (Victor HUGO)

En février 1829 parait un court récit, sans nom d'auteur. Le sujet de cet ouvrage est un plaidoyer contre la peine de mort. A sa sortie le livre fera l’objet de nombreuses critiques.

Les éditions suivantes seront signées de Victor Hugo. Pour répondre aux premières critiques Victor Hugo complétera l'ouvrage par des préfaces, notamment pour l'édition de 1832. Il ajoutera également une petite saynète parodique mettant en scène des bourgeois critiquant son ouvrage.

Le  livre est écrit à la première personne. Le narrateur, un homme encore jeune, vient d'être condamné à mort.
Après sa condamnation il est conduit à Bicêtre. On lui donne  "de l'encre, du papier, des plumes et une lampe de nuit". Il va écrire son journal :  " D'ailleurs ces angoisses, le seul moyen d'en moins souffrir, c'est de les observer, et les peindre m'en distraira."

 Il ne donne ni son nom, ni le nom de  la victime, ni le pourquoi de son crime. Une seule référence à son acte : « moi, misérable qui ai commis un véritable crime, qui ai versé du sang ! ».

Il parle  peu de sa vie d'avant. On apprend qu'il a une mère, une épouse et une petite fille, Marie.
Il se fait du soucis pour elle  : "Mais ma fille, mon enfant, ma pauvre petite Marie, qui rit, qui joue, qui chante à cette heure, et ne pense à rien, c'est celle là qui me fait mal !" Il la reverra une dernière fois, mais elle ne le reconnaîtra pas "Non, mon papa était bien plus beau".
Le narrateur confie principalement à son journal ses angoisses devant la mort, ses dernières pensées, ses souffrances  morales et physiques.
L'un des gardiens lui permet d'assister au ferrage des forçats avant leur départ pour le bagne. Devant ce spectacle insupportable, pour la deuxième fois il écrira "plutôt livrer mon cou au couteau de Guillotin qu'au carcan de la chiourne".
Mais quant arrive l'heure de l’exécution, il espère encore que sa grâce arrivera   :" "il n'est pas possible qu'on ne me fasse pas grâce!"

Victor Hugo dira de son ouvrage : « Le Dernier Jour d’un condamné n'est autre chose qu'un plaidoyer, direct ou indirect, comme on voudra, pour l'abolition de la peine de mort ».
 
L'abolition souhaitée par Victor Hugo ne sera votée en France que 152 ans après la parution de son ouvrage.





lundi 18 mars 2019

LES AVENTURES D'UN BABY-BOOMER BRETON (Michel BOURHIS et Cyrille MAGUER)

Cet ouvrage raconte la jeunesse de Michel Bourhis,  Finistérien,  de 1951 (son année de naissance) à 1975 :  "en 1975 s'impose comme une évidence l'appréhension de l’avenir.... Dès lors s'imposa la décision irrévocable de me ranger." (P.191)

Son témoignage sur ses vingt-quatre premières années est recueilli par Cyrille Maguer.

De part son année de naissance Michel appartient à la  génération très nombreuse  appelée "la génération  du baby- boom". (Génération à laquelle j'appartiens également.)

Michel vit avec sa famille à Concarneau dans le quartier de la "Ville Close". Son père est pêcheur.
Pour lui et ses copains la Ville Close est leur domaine, un véritable terrain de jeux qu'ils défendent contre les bandes des autres quartiers. La famille n'est pas riche. Pendant les vacances, depuis l'âge de 11 ans, Michel fait des petits boulots .
Les descriptions  des années 1950 et des premières années 1960 sont  très réalistes. 
Les conditions de vie se modifient particulièrement  dans les  années 1960 avec la construction d'immeubles comportant salle de bain et toilettes, l'arrivée de matériel  ménager ( réfrigérateurs, machine à laver, meuble en formica) du transistor et du tourne-disque qui permettent le développement d'une musique propre à la jeunesse ( les Beatles, Johnny Hallyday,etc), la télévision, les émissions de radio et les magasines réservés à la jeunesse (salut les copains).

Puis arrive mai 1968, Michel a dix sept ans, avec un copain ils partent pour Paris, ils participeront aux événements. Leur retour en Bretagne ne sera pas brillant, ils sont mineurs. (la majorité est à 21 ans). Michel abandonnera ses études et partira avec des copains sur la route (la France, l'île de Wight, l'Allemagne, la Hollande..), ils feront des rencontres, notamment avec des jeunes filles, les mœurs ont évolués.  Pas de service militaire, il va être exempté  par un officier qui aime Concarneau pour y passer ses vacances !!

Même si ma propre jeunesse  n'a pas grand chose à voir avec celle de Michel, il n'en demeure pas moins que notre génération a des souvenirs en commun. C'est sans doute la raison pour laquelle   j''ai ressenti un peu de  nostalgie à la lecture de ce livre.

Merci à Babélio et aux éditions LIV'Editions de m'avoir adressé ce livre.