mardi 18 septembre 2018

LES IDEAUX (Aurélie FILIPPETTI)

Pour cet ouvrage l'éditeur n'a pas eu à imprimer la formule traditionnelle  "Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite". Si aucun personnage  n'est nommément cité, presque tous sont identifiables, à commencer par "Elle" et "Lui".

Ce roman est avant tout l'histoire de dix ans d'amour entre "Elle", jeune femme d’origine modeste, fille de mineur communiste,  agrégée de lettres classiques, élue députée de gauche , nommée ministre de la culture et "Lui", aristocrate, député, ancien secrétaire d'état de droite, président d'une ONG.

Histoire d'amour quasiment clandestine car comment s'afficher en public alors qu'on appartient à deux "clans"  opposés sur le plan politique. Marqués tous les deux par leur milieu et leur éducation, "Elle" est plutôt une révoltée notamment contre les injustices, "Lui" plutôt un traditionaliste conservateur. Toutefois ils se rejoignent "sur un idéal de service et d'engagement".

Le roman est divisé en trois parties. La première "dix ans d'attente" m'a paru  un peu longue et même un peu ennuyeuse par moment. En revanche les deux autres parties "le temps des inégaux" et "le temps des survivants" m'ont semblé plus concrets,  plus enlevés. Le ton de "Elle" est plus agressif, plein de déception : la victoire était là mais les promesses oubliées. Les portraits sont sans complaisance particulièrement ceux du Prince et de certains de ses ministres.

La romancière nous décrit sans aucune concession le monde politique dans lequel elle s'est immergée pendant 10 ans : univers impitoyable, machiste et  misogyne.





lundi 17 septembre 2018

TROIS BAISERS (Katherine PANCOL)

Pour un pavé , c'est  un énorme pavé : 845 pages.
Cet ouvrage s'est retrouvé dans ma PAL non par choix mais tout simplement parce que j'avais oublié de répondre "non" à la proposition du club de livre auquel je suis inscrite.
Bien que n'ayant pas lu les six premiers tomes de la saga, je me suis lancée courageusement à l’assaut du 7eme tome !
L'histoire est sans grand intérêt. J'ai apprécié le caractère de quelques personnage, notamment   Zoé,Stella, Tom et Camille. En revanche j'ai trouvé grotesque le personnage de Junior.

Conclusion même si  je ne me suis pas totalement ennuyée c'est un livre que je ne conseillerais  pas.

jeudi 6 septembre 2018

SOMBRE SENTIER (Dominique MANOTTI)

Deuxième découverte cet été  dans le  monde du roman policier. Après Olivier Norek je découvre, grâce à l'émission 28 minutes sur Arte, l'auteure Dominique Manotti. Après l'avoir écoutée, j'ai tout de suite souhaité la lire. J'ai choisi  au hasard dans la liste de ses œuvres, deux livres dont "sombre Sentier" son premier ouvrage semble-t-il paru en 1995.

L'histoire  se déroule dans le Sentier à paris du 3 mars au 4 avril 1980, avec une épilogue en mai. Dans ce quartier de nombreux ateliers clandestins de confections font travailler des émigrés turc sans papier. Historiquement, à cette période,  des immigrés turc ont engagé une grève de la faim, soutenus par la CFDT (l'auteure en était l'une des responsables à Paris) et d'autres mouvements.

Le roman commence par la découverte dans un atelier, sous une pile vêtements, du corps d'une jeune prostituée thaï,  morte étranglée.
Le commissaire Daquin et les deux membres de son équipe, les inspecteurs Roméro et Attali sont chargés par le patron de la brigade des stups d'explorer la filière turc. Daquin souhaite se voir confier l'enquête sur le meurtre de la jeune thaï, celui-ci étant probablement lié au trafic de drogue.

Pendant près de 400 pages le lecteur va être immergé dans un monde où vont  s’emmêler des enquêtes, s'enchevêtrer de nombreuses affaires, la  régularisation des travailleurs turcs, la gestion des ateliers clandestins, les trafics de drogue, la prostitution de luxe, la mafia, la corruption politique et policière, les guerres entre les services de la police, les immunités  diplomatiques, des assassinats et même des intégristes catholiques. 
Outre le commissaire Daquin, son équipe et Soleiman, son indic et amant, de très nombreux protagonistes, dont certains portent des noms d'origine étrangère  difficiles à mémoriser, traversent l'ouvrage.

La construction du roman est intéressante. Il  est divisé en 31 chapitres dont chaque titre porte la date d'un jour entre  les 3 mars et 4 avril,  un prologue raconte  la mort de la jeune Thaï, et un épilogue couvre la période du 15 au 30 mai. Les dates ont de l'importance, le roman étant clairement situé dans une période historique.
Quant aux chapitres  ils sont  divisés en paragraphes  signalant l'heure et lieu de l’événement raconté. 

En conclusion, et bien que  parfois je me suis sentie un peu perdue avec les nombreux protagonistes et affaires, j'ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman.

mercredi 5 septembre 2018

TERRITOIRES (Olivier NOREK)

Il y a moins d'un mois je ne connaissais pas Olivier Norek... depuis j'ai lu trois de ses livres et  je rédige ma troisième petite critique.
Dans cet ouvrage nous retrouvons les héros de "code 93",  le Capitaine Victor Coste et son équipe Ronan, Sam et Johanna.  
"Territoires" nous transporte dans une ville imaginaire de banlieue, située dans le 93. La ville est dirigée par une femme, Andréa Vesperini,  surnommée la Reine par le personnel de la mairie. 
La ville est classée en "zone urbaine sensible".
Trois caïds viennent d'être assassinés sur l'ordre du "boss". l'adjoint du boss est un psychopathe de 13 ans. 
Deux retraités de la Cité des Poètes ont une façon originale d'arrondir leur retraite...
La drogue et l'argent liquide sont saisis.
La Police Criminelle et les Stups enquêtent.
Un jeune est tué dans un accident avec une voiture de police.
Des émeutes sont "organisées". Pour calmer les émeutiers il faut de l'argent, les finances de la ville sont à sec, l'état débloquera des fonds, Madame le Maire joue un double jeu.
Social et politique sont imbriqués:
" - Alors on a les mains dans la merde et dans le sang. Jusqu'au coude.
- Pourquoi ? vous imaginiez qu'on peut gouverner innocemment.
.... et sur cette dernière phrase, Andréa Vesperini resta sans voix. Ce petit con connaissait Sartre et ce simple fait la terrifia plus que tout autre menace."

Excellent polar qu'on ne peut pas lâcher avant la fin.... Le fond de l'histoire nous donne quelques inquiétudes :  les rapports entre municipalité et dealers, tels que racontés dans ce roman, existent-ils dans la réalité. Interrogé par le journal Marianne, Olivier Norek a répondu :

"Avant d’écrire, j’ai soumis cette idée d’émeute montée de toute pièce à des élus ou d’anciens élus. Ils m’ont dit que cela leur paraissait crédible. Ils n’étaient pas du tout étonnés par ce scénario, mais précisons quand même qu’ils m'ont dit que cela n’était jamais arrivé, à leur connaissance. "

mardi 4 septembre 2018

UNE AMITIE ABSOLUE (John LE CARRE)

Avant ce roman je n'avais lu de John le Carre qu'un seul livre : "La Constance du Jardinier". J'avais bien aimé.

Quant à "Une Amitié Absolue", honnêtement j'ai eu des difficultés à le lire et à le comprendre. J'ai même  envisagé de l’abandonner alors que je n’étais pas encore page 100. Je me suis accrochée.  Certains passages m'ont intéressée comme les sorties  en vélos de Mundy et Sasha, leurs longues discussions, ou amusée comme le voyage en car psychédélique.  En fait je dois être totalement hermétique aux activités des services secrets auxquelles je ne comprends rien.
La conclusion du roman m'a paru plutôt inquiétante. 
Mais satisfaite de l'avoir lu jusqu'au bout !


vendredi 24 août 2018

CODE 93 (Olivier NOREK)

Il y a à peine un mois je n'avais jamais entendu parler d'Olivier Norek (désolée !!). Mais à  peine "Entre deux mondes" terminé j'ai dévoré "code 93" et "territoires" est dans la PAL.

"code 93" est le premier roman d'Olivier  Norek.  Il crée un  personnage Victor Coste, capitaine de police en Seine Saint-Denis (son double ?).

Le livre débute en mars 2011  par un prologue  dans lequel une mère et son fils qui, convoqués à l'institut médico-légale, se refusent  à  reconnaître dans le cadavre très abimé d'une jeune femme,  leur fille et sœur Camille.
Le roman commence le 11 janvier 2012,  il comporte deux parties qui, résumées très brièvement , racontent :
première partie : le capitaine Coste est son équipe sont confrontés à deux meurtres, l'un des cadavres émasculé se réveillera sur la table d'autopsie, le second est retrouvé entièrement calciné.
L'équipe de Coste connaît des changements, départ d'Aubin, muté à Annecy, arrivée de   Johanna
Coste reçoit deux lettres anonymes l'informant d'un mystérieux dossier "code 93" .
deuxième partie : plusieurs chapitres sont consacrés à l'assassin et au déroulement des meurtres (leur cruauté fait effectivement penser un peu à certains livres de Frank Thilliez) et à l'explication politique des dossiers "code 93".
Épilogue : un peu d'émotion à sa lecture.

Conclusion : "code 93" est un très bon "polar, difficile à lâcher en cours de lecture.






jeudi 23 août 2018

ENTRE DEUX MONDES (Olivier NOREK)

Je n'avais jamais entendu parler d'Olivier Norek, et encore moins de "Entre deux mondes". et puis, il y a quelques jours dans un petit courriel ma cousine m’écrit: 
"je te recommande un livre magistral, roman fiction superbement écrit, mais d'après certains faits réels "Entre deux Mondes" d'Olivier Norek. C'est puissant et réaliste. L'auteur ancien flic de la BAC s'est immergé 3 semaines dans la Jungle de Calais, toute l'histoire est construite sur une base de réel  sans complaisance, ni pathos. Il n'y a ni gentils ni méchants juste de l'humain .....  Tu entres dans l'histoire comme dans un film."

Difficile de résister à un tel commentaire, j'ai donc dans la foulée achetée et lu ce roman que j'ai trouvé passionnant. (ne pas tenir compte de la 4eme de couverture qui ne représente pas l'histoire).
Écrit par un auteur de roman policier, et bien que les deux protagonistes principaux soient des policiers, ce livre n'est pas un "polar".

Adam, ancien policier syrien, arrive dans la jungle de Calais espérant y retrouver sa femme et sa fille, parties quelques jours avant lui de Syrie.
Bastien, lieutenant de police, vient d'être muté, à sa demande, au commissariat de Calais. Il espère que ce changement sera bénéfique pour la santé de sa femme dépressive.
La rencontre entre les deux hommes aura lieu à l'hôpital. Adam  accompagne une jeune noir muet, qu'il nommera  Kilani, violé  par des Afghans. Bastien  accompagne une femme dont la mari lui a démis la mâchoire. Une sorte d'amitié va lier ces deux hommes pendant quelques semaines.
Leurs histoires personnelles et leurs aventures sont intéressantes mais m'ont semblé un peu secondaires.
 Le sujet principal c'est la jungle et son organisation interne. La jungle a  été, à de nombreuses reprises, à la une de l'actualité nationale. Les sujets étaient majoritairement politiques, parfois ils relevaient du fait divers. C'est pourquoi l'intérêt  de ce roman est  de  nous transporter  à l'intérieur pour nous exposer  le rôle des associations, des ONG, nous expliquer l'organisation du camp notamment pour la protection des femmes et enfants qui le souhaitent, les  regroupements des migrants  par ethnie, les règlements de compte,  les commerces licites et illicites, l'activité des passeurs (le projet des migrants c'est d'arriver en Angleterre), des islamistes, les règlements de compte, et  du  rôle de la police : 
- "cette jungle vous y allez souvent ?
- Aux abords, tous les jours. A l'entrée, quand il le faut. Mais dedans, rarement. C'est à la fois une zone de non-droit et un bidonville."

En août 2016 les associations dénombraient environ 9000 migrants . Elle  a été démantelée fin  octobre 2016.