samedi 11 février 2017

ROUVRIR LE ROMAN ( Sophie DIVRY)

Passionnée de lecture, tout particulièrement de romans, j'aborde très rarement  la lecture des autres types d'ouvrage comme par exemple l' essai.
J'ai reçu,  dans le cadre de masse critique,  l'essai de Sophie Divry , "Rouvrir le Roman".

Bien que la biographie de S. Divry sur internet soit très succincte, j'ose penser, compte tenu notamment des nombreuses références littéraires dont son ouvrage est rempli,  qu'elle a du suivre des études de lettres très approfondies.

J'ai lu cet essai avec beaucoup d'attention.  J'espère, même si je me  suis  sentie parfois très néophyte, en avoir saisi l'esprit.  Heureusement, à quelques exceptions près, la très grande majorité des  auteurs cités ne m'étaient pas inconnus.

A plusieurs reprises des recherches sur internet  ont été nécessaires,  pour avoir des informations sur certains auteurs (Federman, Gass) ou connaitre le sens de certains mots (plurivocité, surfiction, menippée boustrophedon....).

Le plan de l'ouvrage est très claire, il comporte  deux grandes parties, l'une consacrée à la discussion sur des idées reçues, l'autre sur des aspects de  la fabrique d'un roman.

En conclusion, je pense que cet ouvrage est plutôt destiné aux écrivains ou futurs écrivains qu'aux lecteurs  : "cet essai se voulait avant tout un plaidoyer pour une réappropriation par les écrivains de leur métier.", et c'est pourquoi j'avoue sans aucune honte que son contenu  m'a paru parfois  ardu pour la simple lectrice que je suis. 

Je remercie Babélio et les éditions Noir sur Blanc de m'avoir adressé ce livre qui m'a, sans aucun doute,  enrichie intellectuellement.





samedi 4 février 2017

DEUX ENFANTS DU DEMI-SIECLE (Charles NEMES)

Toussaint Legrand, divorcé, père de deux enfants, reçoit de la caisse de retraite un courrier lui proposant de faire le point sur sa carrière afin que le passage à la retraite se fasse dans les meilleurs conditions.
Thérèse  Borowski, divorcée, mère célibataire, est chargée à la caisse de retraite de traiter les dossiers de retraite.
Le dossier de Toussaint est traité par Thérèse.
Quarante ans auparavant, Toussaint et Thérèse s'aiment et le 25 juin 1967 ils font l'amour pour la première fois. ils ont 16 ans.
Les deux pères tombent d'accord sur l'opportunité de séparer leurs enfants.

A l'heure de la retraite, Toussaint et Thérèse vont-ils se retrouver ?

Les parents de Toussaint sont des bourgeois catholiques. Ils ont deux enfants Toussaint et Gabrielle.
Après avoir travaillé  dans l'étude de Maitre Baron, père de son copain Luc, il est embauché chez un éditeur  comme stagiaire au stock puis comme correcteur. Aux environs de 35 ans  il épouse Noëlle, professeur d'Histoire. ils ont deux enfants. Ils divorcent après 12 ans de vie commune.

Le père de Thérèse est rabbin. Elle  a plusieurs frères et sœurs. Elle entre dans la fonction publique. Elle épouse Maurice, juif pratiquant. En l'absence d'enfant, ils divorcent au bout de 10 ans. Thérèse demande sa mutation pour Paris . Elle y  rencontre  un certain Hubert, qui la quittera sans laisser d'adresse. Elle accouche d'un garçon en 1982. Elle informe ses parents qu'ils sont grand-parents alors que son fils entre en maternelle.  Son père aura une grande influence sur son petit-fils, les conséquences seront douloureuses pour Thérèse.

Sans véritable ordre chronologique, avec de courts chapitres, l'auteur nous  raconte les vies "normales" de Thérèse et Toussaint  pendant ces quarante années : parents, fratrie, religion, amour, mariage, divorce, enfants, amis, deuil, activités professionnelles...

Étonnement à la fin du livre, comme d'autres Babelios  j'ai été choquée  par le choix de Toussaint pour, croit-t-il, célébrer Primo Levi. 
"Si c'est un homme", sorte de fil rouge, est lu ou a été lu par plusieurs protagonistes du roman,          (comme espérons-le par ses lecteurs).

En conclusion,  j'ai beaucoup apprécié ce livre. Le style est très agréable, l'attention du lecteur toujours maintenue. Émotion et humour s'y côtoient.

Merci à Babélio et aux Éditions HC  de m'avoir fait connaître cet ouvrage.










jeudi 2 février 2017

LA BELLE LURETTE (Henri CALET)

Livre lu dans le cadre du café littéraire auquel je suis inscrite.
J'avoue humblement que je n'avais jamais entendu parler de cet auteur. A ma décharge je ne suis ni professeur de littérature, ni bibliothécaire, ni libraire, mais une simple lectrice dont l'un des loisirs préférés est la lecture.
L'avantage de participer à un café littéraire c'est que vous êtes amenés la plupart du temps à lire des ouvrages que vous ne connaissez pas ou que vous n'avez pas souhaité lire pour de multiples raisons.
Après avoir lu ce court ouvrage (168 pages) je remercie pour son choix  notre jeune animatrice  du café littéraire (doctorante en lettre)

Ce livre est le premier roman de l'auteur, il est pour une bonne part autobiographique couvrant sa vie de la naissance au début de  l'âge adulte soit de 1900 aux années 1920. A sa naissance son père a 20 ans, sa mère une trentaine d'années "Ils pataugeaient dans le chemin des pauvres".
Même si ce roman est court, il est difficile de le résumer tellement il est foisonnant :
- d'aventures, ( l'exil en Belgique pendant la guerre de 14/18
- de descriptions de lieux (dans les couloirs mi-obscurs  la senteur lourde de la merde était partout et celle- plus insinuante - de l'urine.) 
- de personnages (Juliette : Oui elle était moche. Moisie, grise. Du gris dont on fait la boue....je l'appelais pourtant mon bel ange blond)
Ce roman  nous plonge dans le monde de la misère, des logements  véritables taudis, de l'absence de travail, de l’alcool, des pensions  sinistres, des hôtels minables, du sexe, de la prostitution, des avortements, des paris sur les courses, du vol, de la prison...et même de religion.
Malgré ce sombre tableau et un fond de pessimisme,  l'humour est présent, le vocabulaire riche, souvent scatologique, le style fluide. 

En conclusion un livre qui ne laisse pas indifférent!




dimanche 29 janvier 2017

LE BOSSU (Paul FEVAL)

Contrairement à certains lecteurs Babélio, j'ai lu quelques œuvres de  Paul Féval avant de lire Alexandre Dumas : il est breton né à Rennes (comme moi..). je me souviens surtout de certaines couvertures de ses livres, assez angoissantes pour moi petite fille.
Avais-je déjà lu le Bossu, en version intégrale sûrement pas, des extraits sûrement.
C'est donc avec un grand plaisir que j'ai attaqué les 695 pages (édition livre de poche).
Je ne résumerai pas ce roman, tout le monde connaît l'histoire de "si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi", sans doute  non pas par  la lecture du roman mais par les nombreux films et séries télévisées réalisées sur le sujet.
Mon préférée le film (1959) de A. Hunebelle avec Jean Marais (comme de nombreuse petites filles de ces années là, j'étais presque amoureuse du beau, courageux et chevaleresque Jean Marais), la plus détestée mais jamais regardée, la série (ou téléfilm ) qui a modifié la fin (le bossu se marie avec Aurore, la mère et non avec Aurore, la fille !!!). Je n'ai pas détesté celui de 1997 avec Daniel Auteuil en Bossu (P. de Broca),mais  désolée Auteuil n'est pas jean Marais!!.

Je reconnais que  dans les 695 pages il y en a de nombreuses qui ne s'écriraient plus de nos jours. Mais il faut se souvenir qu'à l'époque où le roman fut écrit (1857) la très grande majorité des lecteurs avaient rarement eu l’occasion de voir les paysages comme ceux des  fossés de Caylus, des Pyrénées, de l'Espagne, les portraits des grands seigneurs du XVIIIeme (le Régent, Philippe de Gonzague...) et des petites gens (Cocardasse et Passepoil....), il était donc indispensable pour l'auteur de faire de longues descriptions. 
Il est vrai que de nos jours si un livre fait 695 pages on veut 695 pages d'action... les paysages, les portraits  sont accessibles en un clic! En ce qui concerne les états d'âme point trop n'en faut...car les grands écrivains qui savent faire sans ennuyer sont rares.

Conclusion: Dans l'ambiance mondiale actuelle, j'avoue que c'est "super" bon de se replonger dans la littérature du XIX eme siècle et d'oublier l'actualité quotidienne.

samedi 28 janvier 2017

L'AFFAIRE DE L'HOMME A L'ESCARPIN (Jean-Christophe PORTES)

Deuxième tome des aventures de Victor Dauterive.

Dans le premier tome Louis XVI et sa famille ont été arrêtés pendant leur fuite à Varennes en juin 1791.
Dans le deuxième tome les événements se déroulent en juillet 1791.

Le Club des Cordeliers (Choderlos de Laclos soutenu par Danton et Marat) demande la destitution du roi, destitution refusée par les députés de la Constituante. Une manifestation pacifiste est organisée par le Club des Cordeliers sur le Champs de Mars. La constituante demande à Bailly (maire de paris) de s'opposer à cette manifestation. Pour cela il fait appel à la Garde Nationale (La Fayette).

C'est dans ce contexte historique que se déroule "l'affaire de l’homme à l'escarpin".
Une enquête est ouverte à la suite de la découverte d'un jeune homme assassiné. Seul indice une paire d'escarpins vernis découverte auprès du cadavre nu.
La Fayette, protecteur du jeune Victor, lui demande de rentrer en contact avec le parti d'Orléans (cousin du roi). Le secrétaire du Duc serait Choderlos de Laclos. Le but faire échouer le projet qu'aurait les  Orléans, réussir   un nouveau 14 juillet pour prendre le pouvoir.
Dans cette histoire se mêlent et se croisent de manière pertinente des personnages et des événements  historiques et fictionnels.

Ce roman m'a conduit à me plonger  dans l'histoire de la Révolution que l'on croit pourtant connaître, et plus particulièrement dans les journées de juillet 1791. Je me suis alors rendue compte que mes connaissances sur cette période  étaient plutôt  superficielles hormis  les grandes dates, les événements marquants   et quelques protagonistes.

Un personnage me laisse , si j'ose écrire, "sur ma faim" : c'est le personnage principal, Victor.
je n'arrive pas à cerner sa personnalité : timide ou naïf , notamment avec les femmes (Louise de Keralio (fiction) Olympe de Gouges (historique), pas toujours très reconnaissant avec La Fayette, (historique) mais c'est un peu réciproque dans la façon dont il est parfois "trompé". Maladroit avec Joseph( fiction). 
Pour prendre simplement l'exemple de Joseph le petit  "va-t'en dire" , au début malgré les efforts du gamin, il l'ignore, ensuite il le prend comme valet, il pleure quand il le croit disparu, et  puis il l’ignore de nouveau,alors qu' il avait promis de lui apprendre les chiffres, à lire et écrire,  préférant dessiner et rêver à Olympe, petit nobliau il laisse le gamin dans les mains d'une sympathique cuisinière....

Conclusion, merci à J.C. PORTES, j'ai pris plaisir à la lecture de son dernier opus.





dimanche 15 janvier 2017

L'AUTRE ENNEMI (Michel COLACIURI)

Deuxième ouvrage de Michel Colaciuri. L'histoire est moins exceptionnelle et plus traditionnelle que celle qu'il nous raconte dans "opération coucou".
Le roman  se déroule  pendant la deuxième guerre mondiale dans le monde des pilotes de chasse.
François Berthier, aviateur français, s'est envolé pour l’Angleterre. Après une formation au  squadron 52 il intègre la base de Middle Wallop dont le squadron leader est Ian McArthur. Il a laissé  à Bayeux  son épouse Marie, et son fils Jacques. Ian lui présentera son épouse Elaine.  Il en tombera fou amoureux.
Si l'histoire sentimentale tient une place importante dans cet ouvrage, la grande majorité des pages est consacrée aux batailles aériennes entre les avions anglais et les avions allemands. L'auteur est un passionné des avions et des aviateurs de la seconde guerre mondiale. Bien que je n'ai aucune compétence dans ce domaine j'ajoute que  les combats sont  décrits avec une grande précision.

Comme pour le précédent ouvrage l'écriture est fluide, les dialogues vivants, la documentation impressionnante.

Pour la petite histoire l'auteur était l'un de mes collègues lorsque j'étais encore en activité.





mercredi 4 janvier 2017

MATHILDE (GILLES LA CARBONA)

Début novembre 2016 un message de lecteur 84 m'invitait à découvrir son dernier roman "Mathilde".
Pour commencer l'année, j'ai choisi ce livre dans ma PAL. Avec tristesse, je découvre que ce livre ne correspond pas du tout à mes lectures habituelles.

Bien qu'il s'agisse sans aucun doute d'un bon livre, personnellement je n'ai pas adhéré au style. Je me suis légèrement ennuyée à la lecture des trop  nombreuses réflexions philosophiques  sur la vie, la mort, l'amour, le deuil...

 Je reconnais que si les histoires  personnelles d'Hortense, de Mathilde et de Renaud sont intéressantes, pour ne pas dire passionnantes, je trouve  la personnalité de ces personnages beaucoup trop parfaite pour être réelle. Ma préférence va  vers Thibaud, un véritable ami, normal et réaliste.

Je suis désolée  pour l'auteur de ne pas avoir su apprécier  son ouvrage.