samedi 28 janvier 2017

L'AFFAIRE DE L'HOMME A L'ESCARPIN (Jean-Christophe PORTES)

Deuxième tome des aventures de Victor Dauterive.

Dans le premier tome Louis XVI et sa famille ont été arrêtés pendant leur fuite à Varennes en juin 1791.
Dans le deuxième tome les événements se déroulent en juillet 1791.

Le Club des Cordeliers (Choderlos de Laclos soutenu par Danton et Marat) demande la destitution du roi, destitution refusée par les députés de la Constituante. Une manifestation pacifiste est organisée par le Club des Cordeliers sur le Champs de Mars. La constituante demande à Bailly (maire de paris) de s'opposer à cette manifestation. Pour cela il fait appel à la Garde Nationale (La Fayette).

C'est dans ce contexte historique que se déroule "l'affaire de l’homme à l'escarpin".
Une enquête est ouverte à la suite de la découverte d'un jeune homme assassiné. Seul indice une paire d'escarpins vernis découverte auprès du cadavre nu.
La Fayette, protecteur du jeune Victor, lui demande de rentrer en contact avec le parti d'Orléans (cousin du roi). Le secrétaire du Duc serait Choderlos de Laclos. Le but faire échouer le projet qu'aurait les  Orléans, réussir   un nouveau 14 juillet pour prendre le pouvoir.
Dans cette histoire se mêlent et se croisent de manière pertinente des personnages et des événements  historiques et fictionnels.

Ce roman m'a conduit à me plonger  dans l'histoire de la Révolution que l'on croit pourtant connaître, et plus particulièrement dans les journées de juillet 1791. Je me suis alors rendue compte que mes connaissances sur cette période  étaient plutôt  superficielles hormis  les grandes dates, les événements marquants   et quelques protagonistes.

Un personnage me laisse , si j'ose écrire, "sur ma faim" : c'est le personnage principal, Victor.
je n'arrive pas à cerner sa personnalité : timide ou naïf , notamment avec les femmes (Louise de Keralio (fiction) Olympe de Gouges (historique), pas toujours très reconnaissant avec La Fayette, (historique) mais c'est un peu réciproque dans la façon dont il est parfois "trompé". Maladroit avec Joseph( fiction). 
Pour prendre simplement l'exemple de Joseph le petit  "va-t'en dire" , au début malgré les efforts du gamin, il l'ignore, ensuite il le prend comme valet, il pleure quand il le croit disparu, et  puis il l’ignore de nouveau,alors qu' il avait promis de lui apprendre les chiffres, à lire et écrire,  préférant dessiner et rêver à Olympe, petit nobliau il laisse le gamin dans les mains d'une sympathique cuisinière....

Conclusion, merci à J.C. PORTES, j'ai pris plaisir à la lecture de son dernier opus.





dimanche 15 janvier 2017

L'AUTRE ENNEMI (Michel COLACIURI)

Deuxième ouvrage de Michel Colaciuri. L'histoire est moins exceptionnelle et plus traditionnelle que celle qu'il nous raconte dans "opération coucou".
Le roman  se déroule  pendant la deuxième guerre mondiale dans le monde des pilotes de chasse.
François Berthier, aviateur français, s'est envolé pour l’Angleterre. Après une formation au  squadron 52 il intègre la base de Middle Wallop dont le squadron leader est Ian McArthur. Il a laissé  à Bayeux  son épouse Marie, et son fils Jacques. Ian lui présentera son épouse Elaine.  Il en tombera fou amoureux.
Si l'histoire sentimentale tient une place importante dans cet ouvrage, la grande majorité des pages est consacrée aux batailles aériennes entre les avions anglais et les avions allemands. L'auteur est un passionné des avions et des aviateurs de la seconde guerre mondiale. Bien que je n'ai aucune compétence dans ce domaine j'ajoute que  les combats sont  décrits avec une grande précision.

Comme pour le précédent ouvrage l'écriture est fluide, les dialogues vivants, la documentation impressionnante.

Pour la petite histoire l'auteur était l'un de mes collègues lorsque j'étais encore en activité.





mercredi 4 janvier 2017

MATHILDE (GILLES LA CARBONA)

Début novembre 2016 un message de lecteur 84 m'invitait à découvrir son dernier roman "Mathilde".
Pour commencer l'année, j'ai choisi ce livre dans ma PAL. Avec tristesse, je découvre que ce livre ne correspond pas du tout à mes lectures habituelles.

Bien qu'il s'agisse sans aucun doute d'un bon livre, personnellement je n'ai pas adhéré au style. Je me suis légèrement ennuyée à la lecture des trop  nombreuses réflexions philosophiques  sur la vie, la mort, l'amour, le deuil...

 Je reconnais que si les histoires  personnelles d'Hortense, de Mathilde et de Renaud sont intéressantes, pour ne pas dire passionnantes, je trouve  la personnalité de ces personnages beaucoup trop parfaite pour être réelle. Ma préférence va  vers Thibaud, un véritable ami, normal et réaliste.

Je suis désolée  pour l'auteur de ne pas avoir su apprécier  son ouvrage.

samedi 31 décembre 2016

PEYTON PLACE (Grace METALIOUS)

Pourquoi avoir choisi ce livre sur le site de France-Loisirs ?
- le titre me rappelle des souvenirs lointains  d'une série à la télévision, que je n'ai pourtant jamais regardée,
- roman conseillé par F.O. Giesbert, ce qui m'a paru être une garantie, 
Reçu et déballé il s'est ajouté à ma PAL et a du attendre plusieurs mois avant d'être ouvert.

 A l'exception des premières pages qui m'ont paru un peu ennuyeuses, j'ai apprécié la lecture de ce livre, écrit dans les années 1950 mais dont les événements  se déroulent de 1937 à 1944 dans l’État de Nouvelle-Angleterre.

Même si les sujets évoqués ne suscitent plus à notre époque de réaction favorable ou hostile, on comprend le scandale qu'ils provoquèrent lors de la  parution de cet ouvrage en pleine période de "l'américan way of life". Il était choquant qu'une jeune femme  ose  aborder, en les situant dans la vie quotidienne des habitants d'une petite ville, non seulement des sujets tabous comme l' inceste, l'avortement, les femmes battues, l'adultère... mais également la question du pouvoir social et du népotisme avec le personnage de Leslie Harrington, le plus gros employeur de la ville.

Au  début de l'histoire Allison est une jeune adolescente, passionnée par la lecture et l'écriture, elle rêve de devenir écrivain. Bien que ne l'ayant pas connu elle voue à son père un grand amour. Constance, sa mère, s'est créé  le personnage d'une jeune mère, veuve. La vérité est qu'elle fut à New York la maîtresse d'un homme marié, qui décéda  alors qu'Allison était encore toute petite. Constance revint vivre à Peyton Place où elle ouvrit une boutique de mode.
Selena, belle jeune fille, amie d'Allison, habite avec ses parents un taudis dans la "zone".

Le roman nous retrace quelques années de la vie de ces trois femmes, notamment pour Allison et Selena le passage, souvent difficile, de l’adolescence à la vie d'adulte. Il nous raconte la vie personnelle et intime de nombreux autres personnages, les notables, les riches, les petits bourgeois, les pauvres, les vieux, les ivrognes, enfin toute la diversité  d'une petite ville américaine à la fin des années 30.

En conclusion, lecture intéressante qui nous fait prendre conscience de l'évolution du quotidien et  des mœurs dans notre monde occidentale.

mercredi 21 décembre 2016

MORTELS TRAFICS (Pierre POUCHAIRET)

A Paris deux enfants, dont un jeune marocain, sont retrouvés assassinés dans la chambre d'hôpital, 
Au Maroc un convoi dans lequel deux voitures sont chargées  de cocaïne et de résine de cannabis se dirige vers la France.
A Paris, l'assassinat est traitée par  Patrick Girard de la crim', 
A Marseille, le convoi est suivi par Léanne Vallauri des Stups.
Dans le département 93, un octogénaire qui planque, prend des photos... remet ses documents à la brigade criminelle....
Patrick Girard rejoint l'équipe de Léanne Vallauris pour intercepter le convoi....

Une écriture fluide et de nombreux chapitres  maintiennent l'attention du lecteur. 

conclusion : prix du quai des orfèvres 2017  un bon cru  qui  se lit pratiquement d'une traite.


LA MONTAGNE ROUGE (olivier TRUC)

Les romans d'Olivier Truc, dont l'action se déroule  dans le nord de la Norvège en Laponie, ne sont pas de simples"policier". Dans chaque ouvrage  il aborde de nombreux sujets concernant notamment les rapports souvent difficiles entre  le peuple Sami de Suède  et les suédois.

Dans ce troisième ouvrage il traite d'un conflit entre un collectif de propriétaires terriens et le sameby Balva. Les rennes viennent paître l'hiver sur des terres que le collectif considère comme siennes. Un procès a lieu sur le sujet à Stockholm.

Lors de l'abattage annuel, sous une pluie battante, le squelette  d'un homme est découvert. La tête a disparu.  Après analyse il s'agirait du squelette d'un homme ayant vécu au XVIIe siècle. Klemet et Nina de la police des rennes sont chargés par le Procureur de retrouver le crâne afin de connaître l'origine de l'homme : s'il s'agit d'un sami cela signifiera que les samis étaient les premiers occupants des terres objet du litige. Alors que l'archéologue, conseil du collectif, souhaite l'échec de la recherche du crâne, un deuxième archéologue, plus jeune, pousse Petrus Eriksson, chef du samedy Balva, à rechercher des sites archéologiques qui viendraient confirmer la préexistence des samis sur les terres objet du litige.

De nombreux personnages traversent l'histoire, concernés à des degrés divers par la recherche du crâne mais qui surtout permettent à l'auteur d'aborder d'autres sujets. Outre le trafic des crânes, particulièrement ceux des samis, il est question de  phrénologie : au début du XXe siècle  des chercheurs notèrent des séries de mesures sur les corps des samis de Kautokeino.
Malgré la neutralité de leur pays lors de la deuxième guerre mondiale certains suédois ont basculé dans le nazisme, Vesling, l'antiquaire octogénaire,  raciste et collectionneur de crânes, s'est  engagé en 1941comme volontaire dans la waffen-SS.
Justina, "chef" du groupe "bout d'acier", victime de l’eugénisme, fut stérilisée l'épilepsie dont elle était atteinte ayant été  considérée comme une expression de la  folie.
la question de l'immigration est également abordée: Hou Chi, le cousin de Changounette compagne de Nil  Ante, doit être expulsé, les services de l'immigration ayant fixé son âge à 18 ans et 2 mois.
Enfin sont rappelés les problèmes des plongeurs en mer de Barents, traités dans le "Détroit du loup" avec Todd, le père de Nina.

Pour mettre un peu de légèreté dans son récit, l'auteur nous conduit à plusieurs reprises sur un parking pour assister au bilbingo (jeu auquel je n'ai strictement rien compris),organisé par Justina et ses trois compagnes et auquel participent Petrus Eriksson et les autres éleveur de rennes.

En conclusion ce roman est loin d'être le récit d'une simple enquête de la police des rennes. C'est un ouvrage très dense non seulement par les sujets abordés mais également par le nombre, la personnalité, l' histoire individuelle et commune des nombreux  protagonistes.

Pour apprécier au mieux "la montagne rouge" je conseille aux futurs lecteurs d'avoir lu au préalable  les deux précédents ouvrages de l'auteur.

lundi 12 décembre 2016

BOULEVARD DURAND (Armand SALACROU)

C'est sur  les conseils de Tremaouezan, qui avait lu ma critique sur "les docks assassinés, l'affaire Jules Durand", que j'ai lu la pièce de théâtre d'Armand Salacrou "Boulevard Durand". Dans cet ouvrage l'auteur fait revivre  des personnages ayant  réellement existé, soit sous leur  vrai nom, soit sous un nom d'emprunt, soit ils ne sont pas nommés comme  René Coty  appelé simplement "l'avocat".( La pièce a été écrite en 1960, soit moins de 2 ans après le départ de René Coty de la présidence de la République, est-ce la raison ?).

Sur la base du fait réel, il écrit une fiction reprenant l'esprit de cette triste affaire : Jules Durand, syndicaliste, ouvrier sur le port du Havre, arrêté, jugé et condamné à mort pour complicité d'assassinat. Gracié partiellement, libéré, il sera interné dans un asile psychiatrique, son état de santé mental s'étant dégradé lors de son séjour en prison.

La lecture de cet ouvrage m'a semblé plus dramatique que "les docks assassinés", tant la plupart des témoignages devant le tribunal sont pour la plupart mensongers, les interventions du Président et de l'avocat général  nullement objectives, et ceux honnêtes comme ceux du chef de la sureté déformés par les magistrats.

 L'auteur, A Salacrou, avait 10 ans lorsque l'affaire éclata. Havrais, il habitait avec ses parents devant la prison.  L'affaire fut un sujet abordé par son père et ses amis. Ils étaient convaincus de l'innocence de Jules Durand. Salacrou précise que toute sa vie il fut marqué par cette affaire.