mercredi 10 juillet 2013

UN LONG MOMENT DE SILENCE (Paul COLIZE)

Après avoir découvert P. Colize par la lecture de  "Back up", je n'ai pas résisté très longtemps avant d'ouvrir son dernier livre "un long moment de silence".
Le personnage principal Stan (Stanislas Kervyn) est un homme particulièrement odieux avec son personnel, les femmes, enfin avec tout le monde.
Son père Robert est mort dans un attentat au Caire alors qu'il avait un an : son premier souvenir et son cauchemar récurrent  l'instant où sa mère répondant au téléphone apprend la mort de son mari.
Stan, après avoir  longuement enquêté  sur l’attentat  à l'origine de la mort de son père, a écrit un livre qu'il présente au cours d'une émission de télévision. Il est alors contacté par le chauffeur des terroristes, vieil homme en fin de vie. Leur entretien lui permettra de découvrir que  son père  était la personne visée par l'attentat. Il reprendra alors son enquête notamment grâce à des documents retrouvés chez un cousin et  l'aide d'une traductrice, Laura.
 En parallèle à cette histoire nous découvrons celle de Nathan, jeune juif rescapé des camps nazis, embauché par une  société secrète "le chat" dont l'objectif est de retrouver et de tuer d'ancien nazis.
Stan découvrira que son père a rencontré Nathan  en 1954 à deux reprises, quelques semaines avant l’attentat.
Sa propre rencontre en  2012  avec Nathan  lui permettra de relier toutes les pièces du puzzle et  de découvrir le secret de famille et  les raisons de la mort de son père.
L'esprit enfin apaisé, Stan acceptera de se faire soigner, de se réconcilier avec son fils et d'avoir (enfin) un comportement normal avec une femme.

Ce livre nous raconte une histoire personnelle passionnante intégrée  dans la grande histoire, je l'ai lu en pratiquement une journée. L'écriture est fluide, les chapitres ( 75) sont courts. Nous traversons dans le désordre plusieurs décennies (des années 1940 aux années 2000) sans difficultés.
C'est vraiment un excellent livre !

samedi 6 juillet 2013

DEMAIN J'ARRETE (Gilles LEGARDINIER)

Comme beaucoup j'ai  acheté ce livre pour sa couverture "chaton avec bonnet péruvien".
les 398 pages ont été lues en 2 jours.
L'histoire de  Julie, de Ric ainsi que celle des nombreux  autres personnages est amusante : j'ai souris, j'ai même  parfois été  émue (la consolation de la petite Lola, la mort de la voisine Mme Roudan, celle du chien).
L’ambiance de ce roman m'a fait penser à celle des romans d'Anne Gavalda : un monde où, à quelques exceptions près,  " tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil".

ce livre est une jolie lecture pour les vacances.... lecture distrayante et pas "prise de tête".

LE SEPTIEME VOILE (Juan Manuel de PRADA)

Julio Ballesteros, appelé par sa mère mourante, arrive trop tard pour entendre de sa bouche la vérité sur sa naissance. Son père lui apprend alors qu'il n'est pas son père :  il a épousé Lucia alors qu'elle était enceinte d'un français, Jules Tillon.
Sur les conseils de celui qu'il considère toujours comme son père il prend contact avec un prêtre, le Père Lucas. Ce dernier va lui raconter l’histoire de Lucia et de son père Estrada, espagnols ayant fuit l'Espagne après la guerre civile, de leur vie dans un cirque qu'ils dirigent pendant la 2eme guerre en France, façade  qui leur permet de sauver des juifs, dont André ancien chirurgien amoureux de Lucia, de l'arrivée au cirque de Jules, blessé à la tête et amnésique. A la libération, Jules apprendra qu'il était résistant sous le nom de Houdini.
A la mort d'Estrada, Lucia et Jules partent en Espagne où il feront la connaissance du père Lucas. Jules sombre doucement dans la folie, il abandonne Lucia enceinte. Elle acceptera alors la demande en mariage d'Antonio Ballesteros, petit entrepreneur de province.
Sur les conseils du père Luca, Julio prend contact avec le Docteur Portabella, psychiatre qui a soigné Jules par hypnose. il découvrira   la vie de Jules non seulement  après l'abandon de Lucia mais également sa vie de jeune ouvrier chez Renault, entré dans la Résistance avec le parti communiste.

Enfin, sur les conseils cette fois de Portabella il essaie de rencontrer André, l'ancien amoureux de Lucia. Il apprendra son décès par  sa  fille , Sabine.
Sabine lèvera pour lui le septième voile en lui racontant le rôle de Jules lors des derniers mois de l'occupation au cours desquels manipulé par  Olga, son amour de jeunesse, mais maitresse d'Otto Abetz,  il trahira la résistance.
A sortie de l'asile, ayant retrouvé la mémoire et notamment sa trahison, il partira pour l'Argentine.

J'ai bien conscience que ce petit résumé ne reflète que très partiellement  l'ampleur de ce roman de près de 700 pages.

Ce très beau livre nous plonge dans l'Histoire : la guerre d'Espagne, la vie des exilés espagnols en France,
l'occupation , la résistance, la collaboration, l'épuration, l'Argentine...

lundi 24 juin 2013

L'HIVER DES HOMMES (lionel DUROY)

Avant de lire "l'hiver des hommes", j’avais déjà lu de cet  auteur 3 œuvres "Le chagrin", "Priez pour nous" et "colères". Même si, dans ce dernier ouvrage, l'auteur  fait parfois référence à sa vie personnelle ( ses rapports avec Hélène, son fil, ses parents et sa fratrie..), elle  n'est pas le sujet du livre contrairement aux trois ouvrages cités.

Le sujet ce sont les souvenirs des serbes de Bosnie sur leur  guerre de Bosnie (06/04/1992- 14/12/1995).

Marc (Lionel Duroy), pour comprendre le suicide (ou meurtre) d'Ana en mars 1994, fille du Général Mladic " le boucher des Balkans",  revient en Serbie afin de rencontrer des protagonistes de cette guerre.
Cette guerre entre  trois populations (Serbes Croates et Bosniaques) qui vivaient depuis plusieurs décennies dans une certaine bonne entente  m'a toujours semblé très difficile à comprendre  malgré les nombreux  reportages entendus et vus. On est  perplexe à la lecture de certains entretiens que  l'auteur a eu avec les Serbes : ils font porter toutes la responsabilités des atrocités commises sur les Bosniaques (musulmans) notamment  l'attaque du marché de Markale : 
"c'est encore de la propagande ! s'écrit-il. Comment pouvez-vous croire une chose pareille ? la vérité, les enquêtes l'ont démontré et l'histoire le reconnaîtra un jour, c'est que les Musulmans ont tiré sur les leurs ce jour-là pour présenter à l'Ouest les prétendus "crimes serbes" Jamais le général Mladic n'a donné l'ordre de tirer sur les populations civiles;"

Si à la lecture des nombreux témoignages rapportés par  Marc, notamment celui de Slobodan Jasnié , cité plus haut, on est surpris par l'absence totale d'objectivité dans les récits, en revanche nous sommes submergés par l'émotion à la lecture du récit de Pavlusko sur la mort de son fils et de son épouse.

L'un des thèmes de ce roman concerne le destin des enfants des criminels de guerre. L'auteur est convaincu qu'Ana s'est suicidée  après avoir appris  la responsabilité de son père dans l'attaque du marché de Markale. Il rapproche la réponse  d'Ana de celle d'enfants de criminels de guerre nazi : ceux qui ont condamné leur père comme  Niklas Franck et Martin Borman junior, et celle qui voulait le réhabiliter comme Gudrun  Himmler.

L'écriture de Lionel Duroy est fluide. Malgré certains passages difficiles quant au sujet évoqué la lecture de ce roman est  agréable.
Grâce à ce livre, plus  quelques lectures sur wikipedia pour approfondir certains faits évoqués,  on se sent  un peu mieux informé sur cette période de l'histoire récente.

mardi 18 juin 2013

LE GARDIEN DU PHARE (Camilla LACKBERG)

Je suis d'accord avec les précédentes critiques sur  Babélio, "le gardien du phare" n'est pas le meilleur de la série.  Le meilleur reste encore pour moi "l'enfant allemand".

Quoiqu'il en soit j’attendais avec impatience le dernier Lackberg compte tenu des dernières lignes de "La Sirène" : dans quel état allions nous retrouver Erica et Anna après leur accident de voiture ainsi que  Patrick après son infarctus. Nous sommes en partie rassurés, sauf pour Anna encore très fragilisée suite au décès de son bébé.

Comme dans les précédents livres plusieurs histoires se mêlent ; certaines auront des liens entre elles alors que d'autres pas du tout ; l'auteure construit son roman de manière à nous conduire sur de nombreuses pistes dont certaines n 'auront en définitive aucun lien avec le meurtre.
Histoires des nouveaux personnages, notamment :
Annie qui s'enfuit du domicile conjugale avec son petit garçon pour se réfugier dans son île Graskar ,
Mats Séverin revenu dans sa ville natale après avoir travaillé à Goteborg, notamment pour une association d'aide aux femmes maltraitées : il sera retrouvé assassiné dans son appartement,
Gunnar et Signe, les parents de Mats,
Les assez mystérieux Vivianne et Anders,
Madeleine et ses enfants,
et bien sûr l'histoire de nos personnages préférés Erica, Patrick et leurs enfants, Anna et Dan, les membres du commissariat Mellberg, Paula, Martin et Gosta., etc.
L'enquête sur l'assassinat de Mats conduira Martin et ses collègues dans le monde des associations d'aide aux femmes battues et dans celui des dealers et, pour une fois,  Erica ne sera pas d'une très grande aide dans la résolution de l'enquête.
L'histoire de Karl et Emelie au 19eme siècle s'intègre moins bien  à l'histoire contemporaine que les histoires anciennes des livres précédents.
L'écriture de Camilla Lackberg  est toujours aussi agréable et fluide. 
C'est toujours avec un grand plaisir que l'on dévore ses livres.

Bonne lecture !

samedi 15 juin 2013

C'EST DANS LA BOITE (Frédéric ERNOTTE)

C'est sur les conseils de l'auteur, membre Babélio, que j'ai acheté "c'est dans la boîte".

C'est l'histoire d'un inspecteur de police, Jeff Marnier, solitaire et alcoolique, qui prend, quelques jours de repos, à la suite de l’assassinat de Catherine, l'une de ses collègues pour laquelle il aurait peut-être quitté son statut de solitaire.
Passionné d'internet, il découvre un site pour inspecteur et décide de s'inscrire à "la ronde des boites".
Il s'agit d'une réunion secrète où chaque inspecteur viendra avec une boîte dans laquelle il aura mis 5 indices sur une affaire élucidée ou non ; les autres membres de la réunion devront découvrir la vérité....
Afin de ne pas gâcher le plaisir  du lecteur... je n'irais pas plus loin dans le résumé de cette histoire !

Comme dans "Betty" d'Arnaldur Indridasson, surgit une page à la lecture de laquelle  le lecteur s'interroge et  pour comprendre revient en arrière pour relire quelques pages dans lesquelles il aurait peut-être sauté des lignes.

Je recommande vivement la lecture de ce livre aux amateurs de bons  "polars" :
L'histoire est original, elle nous surprend,
L'écriture est  agréable et fluide,
L'intérêt de ce roman est tel que les 252 pages se lisent pratiquement d'une traite,
Que dire de plus pour t'intéresser futur lecteur :

"Frédéric , on attend votre prochain roman avec impatience"

jeudi 13 juin 2013

LES HEURES LOINTAINES (Kate MORTON)

Après avoir écouté la critique enthousiaste de Jacqueline Petroz "livre en poche" sur France Inter un dimanche matin, j'ai décidé de m'attaquer aux  832 pages de ce roman !
Bien m'en a pris car j'ai passé des heures de lecture très agréables.

Au cours de l'année 1992, après que sa mère ait reçu une lettre postée il y a 40ans, Édith, la narratrice, se rend  dans le Kent au château de Milderhurst où sa mère fut réfugiée quelques mois après la déclaration de guerre en septembre 1939.  Elle y rencontre celles qui ont accueilli sa mère il y a 40 ans,  les jumelles Percy et Saffy et  leur demie-sœur Juniper, 3 vielles dames célibataires.

Ce livre comporte 5 parties, divisées elles-même en chapitres, dont les titres portent soit une date précise située 1941 et 1942, soit 1992.

Cette technique d’écriture nous permet de connaître non seulement le quotidien de la narratrice : son travail dans l'édition et ses relations avec ses parents mais surtout  la vie  de la famille Blythe : le Père, les mères et bien sûr les  3 sœurs.

Le père, Raymond Blythe, est un écrivain surtout connu pour son roman "l'homme de boue". la mère des jumelles est décédée dans l'incendie d'une partie du château, celle de Juniper, à la suite d'une fausse couche. R. Blythe se chargera de  l'éducation de ses filles. Il décédera âgé et fou.
 Par maladresse et égoïsme il sera le responsable des vies gâchées de ses filles notamment Saffy et Juniper. Quant à Percy elle consacrera sa vie à la protection de ses sœurs  et du château.

Bien sur ce roman  n'est pas de la très grande littérature, mais que demande -t-on la plupart du temps à un livre ?   nous divertir,  nous instruire  tout en nous divertissant, mais surtout  de pas nous ennuyer !
Excellent livre à lire l'été surtout si le mauvais temps perdure.